Rapport explicatif
Consultation 2006/9: Nouvelle réglementation concernant la dissémination d'organismes dangereux pour l'environnement (Révision totale de l'ordonnance sur la dissémination dans l'environnement) · 41 pages
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du Conseil de l’Europe, « Stratégie européenne relative aux espèces exotiques
envahissantes » (Sauvegarde de la nature n° 137; 2004), de prendre des mesures
adéquates pour lutter contre ce type d’animaux. D’où la nécessité d’adapter nos bases légales en conséquence.
L’actuelle liste de l’art. 8 ainsi que d’autres dispositions relatives à l’importation et à la garde de ces espèces doivent par conséquent être complétées et actualisées.
3.2 Commentaire des dispositions en particulier Art. 8 Lâcher d’animaux
L’art. 8, al. 1, OChP contient déjà une liste des « espèces problématiques » qui ne font pas partie de la faune indigène ou qui causent d’importants dégâts. Une espèce a été rayée de la liste, tandis que sept autres et un hybride y ont été ajoutés.
Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus)
Le lapin de garenne a déjà été répandu sur l’ensemble de l’Europe à l’époque de la Rome antique. En Suisse, seules quelques rares populations ont pu s’établir. Des maladies survenant sous forme d’épizooties (myxomatose, infection au virus de Calici) ont
fortement décimé cette espèce ces dernières années, jusqu’à sa disparition complète en certains endroits. Jusqu’ici, les dégâts causés par le lapin de garenne n’ont soulevé de problèmes qu’à très peu d’endroits en Suisse.
Écureuil gris (Sciurus carolinensis)
L’habitat naturel de l’écureuil gris est l’Amérique du Nord. Vers 1870, les premiers
individus ont été lâchés dans des parcs en Grande-Bretagne, où ils se sont rapidement multipliés jusqu’à peupler toute l’île. Cette propagation s’est faite au détriment de l’espèce indigène, l’écureuil roux (Sciurus vulgaris). Celui-ci a été évincé par son concurrent
américain, plus fort, sauf dans quelques rares régions du pays, disparition due notamment au fait que l’espèce exotique porte un virus mortel pour l’écureuil roux. En outre, l’écureuil gris est de taille plus grande et forme des populations plus denses. Il ne nuit pas
uniquement à l’écureuil indigène, mais porte également atteinte à l’avifaune, par la
prédation des œufs et des oisillons et par la concurrence en matière de nourriture (p. ex. grosbec casse-noyaux; Coccothraustes coccothraustes). Qui plus est, l’écureuil gris,
contrairement à l’espèce indigène, cause d’importants dommages économiques sur les arbres. En effet, il ronge de grandes surfaces d’écorce, affaiblissant les arbres et allant même jusqu’à les tuer.
Après la Seconde Guerre mondiale, quelques individus ont été lâchés dans un parc à Turin (Italie). De là, ils se sont propagés progressivement et posent les mêmes problèmes qu’en Angleterre. Une tentative de lutte contre cette intrusion a échoué en raison de la résistance acharnée des milieux de protection des animaux, et l’action a finalement dû être interrompue. Ce n’est donc qu’une question de temps avant que l’écureuil gris ne fasse son apparition en Suisse.
Tadorne casarca (Tadorna ferruginea)
Le tadorne casarca peuple les steppes et les déserts semi-arides d’Asie centrale. En dehors de cet habitat principal, on trouve également des populations sur les hauts
plateaux éthiopiens et en Afrique du Nord. Les lieux de reproduction en Europe s’étendent