Rapport explicatif
Consultation 2013/94: Passage d'un système d'encouragement à un système d'incitation / Variantes d'un système d'incitation dans la politique énergétique · 164 pages
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base l’agent en question est taxé (base de taxation) et qui est tenu de payer la taxe (assujetti).
5.1.1.1 Combustibles
Dans le cadre de la politique climatique, il existe déjà une taxe incitative sur le CO2, perçue sur les combustibles28. La taxe sur le CO2 est actuellement perçue par l’Administration fédérale des douanes (AFD) en même temps que l’impôt sur les huiles minérales. Le prélèvement a lieu lorsque la marchandise passe la frontière si elle est délivrée directement aux consommateurs. Si elle est d’abord stockée ou raffinée, le prélèvement a lieu après stockage et raffinage, par exemple lorsque le combustible est distribué aux camions citernes. Ceci se justifie pour plusieurs raisons. Des produits différents sont taxés différemment, ce qui oblige de taxer après le raffinage (mais a pour conséquence que le CO2 émis lors du processus de raffinage n’est pas taxé). Les carburants ne sont actuellement pas soumis à la taxe sur le CO2. Les combustibles sont taxés en fonction des émissions de CO2 sur la base de facteurs d’émission reconnus sur le plan international. Les pertes d’énergies fossiles durant le stockage sont relativement faibles. Et taxer avant le stockage engendrerait une immobilisation supplémentaire de capital qui induirait un coût: celui qui stocke doit payer les intérêts (ou renoncer à des intérêts s’il finance sur ses propres fonds) non seulement pour payer l’énergie stockée, mais aussi la taxe sur cette énergie29.
En ce qui concerne la conception du futur système incitatif, on dispose, pour le choix de la base de taxation des combustibles fossiles, de deux possibilités: conserver l’actuelle base de taxation reposant sur la teneur en CO2 des combustibles ou percevoir, en sus de cette taxe sur le CO2, une taxe sur leur contenu énergétique calculée en francs par joule. Réunir les taxes sur le contenu énergétique et sur le CO2 ouvrirait l’option d’une taxation du contenu énergétique des combustibles.
Les effets de l’une et l’autre de ces possibilités ne sont pas les mêmes en raison des différences que présente la teneur en CO2 par unité de contenu énergétique des divers combustibles. Le tableau ci-après présente la teneur en CO2 et le contenu énergétique des combustibles fossiles les plus importants pour l’approvisionnement de la Suisse en énergie.
28 La taxe sur le CO2 est prélevée sur les combustibles fossiles (huile de chauffage, gaz naturel, charbon, coke de pétrole, etc.) lorsque ceux-ci sont utilisés pour obtenir de la chaleur ou de la lumière, pour produire de l’électricité dans des installations thermiques ou pour faire fonctionner des installations de couplage chaleurforce. Le montant de la taxe CO2 est actuellement de 36 francs suisses par tonne de CO2. Par exemple, l’huile de chauffage est grevée de 95 fr. 50 par 1000 litres à 15 °C et le gaz naturel de 92 fr. 10 par 1000 kg. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le lien suivant: http://www.ezv.admin.ch/zollinfo_firmen/04020/04256/04265/index.html?lang=fr
29 Le domaine de l’électricité n’est pas directement comparable à celui des énergies fossiles: les stocks y jouent un rôle moins important, puisque seul interviendrait le stockage par pompage-turbinage; les pertes lors du pompage-turbinage sont plus importantes que lors du stockage d’énergies fossiles; il n’y a pas dans le domaine de l’électricité d’équivalent des raffineries qui produisent différents agents énergétiques qui sont taxés différemment.