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Consultation 2015/79: Rapport du Conseil fédéral sur la politique de sécurité de la Suisse · 94 pages
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mies, les troupes ne pourraient guère être engagées avec des perspectives de succès. Toutefois, en zone bâtie, le recours au feu de précision contre des cibles ponctuelles précises figure au premier plan ; un feu étendu n’entre en ligne de compte que s’il ne risque pas d’occasionner des dommages disproportionnés chez les êtres humains, le matériel et l’infrastructure aux abords de la cible.
Lorsqu’il s’agit de contrer une attaque armée, la défense aérienne est la tâche centrale des Forces aériennes. Sans une protection de l’espace aérien, les actions militaires au sol ou dans les airs ne réussissent que dans de rares cas. Les Forces aériennes doivent être en mesure aussi bien de combattre des cibles qui attaquent dans les airs (défense aérienne défensive) que d’attaquer les forces aériennes adverses dans leur espace (défense aérienne offensive). Outre les avions de combat, des forces spéciales au sol sont utilisées pour les actions offensives. La défense aérienne défensive utilise des avions et des systèmes DCA. Les uns et les autres emploient des engins guidés dont la portée est la plus longue possible contre les aéronefs adverses. Certaines parties des systèmes DCA servent également à combattre les missiles de croisière, les engins guidés et les drones ennemis en approche. Il est prévu que les Forces aériennes restaurent leurs capacités de reconnaissance et d’appui aux troupes terrestres au moyen d’avions de combat.
Actuellement, la Suisse ne possède aucun moyen de combat efficace contre les engins guidés et les missiles balistiques de portée moyenne à intercontinentale. Protéger le pays tout entier contre de tels engins n’est pas possible si celui-ci fait cavalier seul, et ce quels que soient les moyens investis. Si la Suisse voulait améliorer sa protection active contre les attaques de missiles tirés depuis l’extérieur de l’Europe, elle devrait s’appuyer sur l’OTAN. De fait, participer à un système de défense intégré de l’OTAN reviendrait à devenir membre de l’Alliance car la compétence de prendre des mesures de défense devrait être déléguée à l’avance en raison de la brièveté des délais de préalerte. Or, il y aurait là une incompatibilité avec les obligations découlant du droit de la neutralité.
Les ressources de la protection de la population jouent également un rôle important, en cas de conflit armé, pour assurer le fonctionnement des ouvrages de protection, des postes de commandement protégés et des abris publics, ainsi que pour l’appui, l’encadrement et l’approvisionnement de la population. La protection civile peut fournir des prestations logistiques ou participer à la mise en œuvre de mesures de rationnement afin de gérer d’éventuelles perturbations dans l’approvisionnement. Les responsables de la protection des biens culturels veillent à ce que ces biens soient protégés, mis en sûreté et sécurisés lorsqu’ils sont mis en danger.
La politique extérieure devrait dans tous les cas exploiter toutes les possibilités qui s’offrent à elle sur le plan diplomatique, notamment si un conflit militaire devait menacer directement la Suisse ou avait déjà éclaté. Le but serait d’éviter autant que possible un conflit de ce type et, si le conflit devait avoir éclaté, d’entamer, le cas échéant, des négociations avec les acteurs directement impliqués ou avec des tierces parties (p. ex. pour les inciter à apporter leur appui).
La politique économique devrait s’efforcer, avec l’aide des responsables de l’approvisionnement économique du pays, d’atténuer les conséquences des perturbations ou des interruptions notables ou durables dans le processus d’approvisionnement.
Le SRC aurait pour tâche, même si un conflit armé menaçait d’éclater ou avait déjà éclaté, de fournir aux autorités politiques et militaires des informations et des indications aussi fiables et pertinentes que possible et de dresser en permanence un tableau qui reflète la situation du moment. Comme il faut partir du principe qu’un conflit armé s’accompagnerait de cyberattaques, le SRC devrait mettre à profit ses moyens et ses capacités (défensifs et offensifs) dans ce domaine.