Rapport explicatif

Consultation 2018/18: Code de procédure civile (Amélioration de la praticabilité et de l'applicabilité) · 103 pages

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dique interne concerné a ou non la maîtrise de ces documents ait d’importance.

Au vu de la longue histoire de la proposition formulée dans l’initiative parlementaire 15.409 Markwalder et en particulier des nombreuses autres propositions de création d’un certain degré de secret pour les juristes d’entreprise, lesquelles ont fait l’objet de discussions et d’évaluations détaillées pour être finalement toutes rejetées158, le Conseil fédéral estime que ce projet de création d’un droit, pour les juristes d’entreprise, de refuser de collaborer dans le cadre d’une procédure civile en Suisse constitue actuellement la seule voie de compromis ayant des chances de succès. La proposition Markwalder se base sur les travaux menés au printemps 2014 par un groupe de travail constitué par l’Office fédéral de la justice comprenant des représentants de la Commission de la concurrence (COMCO), de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), de Swiss Holdings, de l’Association suisse des juristes d’entreprise, de la Fédération suisse des avocats et de l’administration fédérale. Cette règle permettra de garantir à l’avenir dans les procès civils une protection du secret adaptée pour les juristes d’entreprise, en lien avec leurs activités spécifiques au sein du service juridique interne d’une entreprise. Comme l’expose le développement de l’initiative parlementaire, cette modification permettra par ailleurs de supprimer indirectement certains désavantages procéduraux que pourraient subir les entreprises suisses dans des procédures judiciaires à l’étranger – notamment aux États-Unis – en l’état du droit, résultant du fait que la Suisse ne connaît pas de droit de refuser de témoigner ou de produire des pièces pour les membres des services juridiques internes des entreprises159.

Art. 177 Définition

L’art. 168, al. 1, CPC prévoit une liste exhaustive des preuves admissibles en procédure civile (numerus clausus des moyens de preuve)160. Les titres en font partie à côté du témoignage, de l’inspection, de l’expertise, des renseignements écrits, de l’interrogatoire et de la déposition de partie. L’art. 177 définit pour sa part quels documents constituent des titres au sens du CPC. Il s’agit des écrits, dessins, plans, photographies, films, enregistrements sonores, fichiers électroniques et données analogues propres à prouver des faits pertinents.

Sur la base de cette disposition, le Tribunal fédéral a jugé que les expertises privées ou soumises par les parties – c’est-à-dire les rapports d’experts n’ayant pas été sollicités par le tribunal conformément aux art. 183 ss mais commandés par une

158 Voir l’avant-projet de loi sur les juristes d’entreprise (LJE) et le rapport explicatif d’avril 2009, ainsi que l’avant-projet de loi sur la collaboration avec des autorités étrangères et la protection de la souveraineté suisse et son rapport explicatif de février 2013.

159 Pour plus de détails sur ce point, voir l’avis no 16-156 de l’Institut suisse de droit comparé du 11 septembre 2017.

160 Voir le message sur le CPC, FF 2006 6841, 6929, et l’ATF 141 III 433, consid. 2.5.1, qui fait référence à l’arrêt du Tribunal fédéral 5A_957/2012 du 28 mai 2013, consid. 2.