Rapport explicatif

Consultation 2020/67: Loi fédérale sur la plateforme de communication électronique dans le domaine judiciaire (LPCJ) · 48 pages

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Rapport explicatif sur la loi fédérale sur la plateforme de communication électronique dans le domaine judiciaire

1 Contexte

1.1 Mesures nécessaires et buts visés

Les lois de procédure prévoient depuis 2011 que les écrits, requêtes et décisions peuvent être déposés par voie électronique. À l’heure actuelle, les échanges entre les tribunaux et les parties ne revêtent cependant que rarement cette forme.

La Conférence des directrices et directeurs des départements cantonaux de justice et police (CCDJP) a décidé à l’unanimité, lors de son assemblée d’automne des 17 et 18 novembre 2016, qu’il fallait créer les bases légales nécessaires à l’instauration obligatoire de la cyberjustice1 dans le domaine d’activité des tribunaux civils, pénaux et administratifs ainsi que des autorités de poursuite pénale. À la même période, le Tribunal fédéral a lancé le projet eDossier2 dans le but de dématérialiser les procédures judiciaires. Sa démarche bénéficiait du soutien de nombreuse cours suprêmes et autorités judiciaires des cantons3.

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a informé la CCDJP lors de l’assemblée d’automne 2016 qu’elle allait donner mandat à l’administration d’entamer les travaux nécessaires. Elle a confirmé par lettre du 23 décembre 2016, répondant au courrier de la CCDJP du 5 décembre 2016, que l’OFJ avait été chargé d’élaborer un projet de loi.

Un projet législatif spécifique a été lancé pour instaurer une obligation de communiquer par voie électronique avec les tribunaux civils, pénaux et administratifs et les autorités de poursuite pénale, et l’avant-projet de LPCJ a été élaboré.

Le recours aux plateformes de messagerie électronique usuelles montre qu’un système fondé sur l’envoi de courriels pose des problèmes, notamment en ce qui concerne la taille des fichiers4. La CCDJP a décidé à l’unanimité, lors de sa conférence d’automne des 15 et 16 novembre 2018, qu’il ne devait y avoir qu’une seule plateforme de transmission et qu’elle serait exploitée par les cantons. La Conférence sur la justice5 s’est également prononcée en faveur d’une plateforme unique. Cette solution a l’avantage de ne pas poser de problèmes d’interopérabilité. Opter pour une plateforme de téléchargement au lieu d’une plateforme de messagerie électronique permet en outre d’éviter les problèmes liés à la limitation de la taille des fichiers6.

L’instauration d’une plateforme d’échange unique associée à l’obligation, pour les autorités et les utilisateurs professionnels7, de communiquer par voie électronique et celle – qui vaut uniquement pour les autorités – de tenir des dossiers électroniques vise les objectifs suivants:

– accroître l’efficacité des processus de travail et des procédures par leur uniformisation et

par une meilleure collaboration entre les autorités et les utilisateurs professionnels;

– faciliter l’accès aux actes de procédure à tous les participants;

1 Le terme de cyberjustice ou e-justice comprend la communication électronique dans le domaine judiciaire, la tenue électronique des dossiers, leur consultation par voie électronique et leur archivage électronique.

2 Voir https://www.bger.ch/fr/index/federal/federal-inherit-template/gericht-elektronischer-verkehr-1.htm

3 Voir https://www.bger.ch/files/live/sites/bger/files/pdf/Justitia_4.0/Zusammenarbeitsvertrag_Uebersicht_D_F_I_2020_07_02.pdf

4 Les systèmes de messagerie électronique ne sont pas conçus pour traiter des messages volumineux. Gmail, qui est un des plus importants fournisseurs au monde, permet d’envoyer des pièces jointes d’une taille maximale de 25 Mo (voir https://support.google.com/mail/answer/6584). Conformément aux critères qu’elles doivent remplir, les plateformes de messagerie sécurisée reconnues doivent pouvoir traiter des messages électroniques d’une taille de 15 Mo et permettre l’envoi et la réception de fichiers atteignant 25 Mo (voir les conditions de la reconnaissance des plateformes de messagerie sécurisée utilisées dans le cadre de procédures (liste des critères) à l’adresse https://www.bj.admin.ch/bj/fr/home/staat/rechtsinformatik/e-uebermittlung.html). Ces limites sont très vite dépassées.

5 La conférence réunit le Tribunal fédéral et les cours suprêmes des cantons.

6 La plateforme de téléchargement a elle aussi ses limites, mais elles seront plus élevées que les 15 Mo des plateformes de messagerie reconnues.

7 Sont réputés utilisateurs professionnels les avocats inscrits à un registre cantonal et les autres personnes qui représentent les parties à titre professionnel devant les tribunaux en application des dispositions légales. Il est renvoyé à titre d’exemple à l’art. 68, al. 2, let. d, CPC, qui autorise les mandataires professionnellement qualifiés à représenter les parties devant les juridictions spéciales en matière de contrat de bail et de contrat de travail.