Rapport sur les résultats

Consultation 2023/16: Modification de l’ordonnance du DEFR sur le stockage obligatoire d’aliments et de fourrages · 41 pages

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Suisse est la meilleure mesure pour assurer un niveau élevé de sécurité d’approvisionnement, même avec des réserves obligatoires relativement faibles.

Céréales pour l’alimentation humaine et fourrages hautement caloriques

Coop Société Coopérative, fenaco Société Coopérative, la Fédération des coopératives Migros

et Sucre Suisse SA rejettent le projet sous sa forme actuelle pour ce qui concerne les céréales.

fenaco Société Coopérative renvoie de manière générale à l’avis de réservesuisse, qui reflète aussi ses propres vues, et aborde certains points en particulier.

Pour Coop Société Coopérative et fenaco Société Coopérative, il est faux de remplacer toutes les céréales fourragères par des céréales à double usage, tout en renonçant dans une large mesure à accroître les réserves obligatoires de céréales panifiables.

Coop Société Coopérative s’oppose donc catégoriquement à ce projet pour les raisons suivantes : selon elle, une boulangerie ne peut pas faire du pain uniquement à partir de blé à double usage. Une part significative de l’augmentation des réserves obligatoires prévue doit donc être constituée de blé tendre destiné à l’alimentation humaine. Les minoteries ne peuvent être tenues de détenir des réserves obligatoires de blé à double usage dont elles n’auront ensuite pas besoin. Pour les moulins fourragers, ce type de blé est trop cher en temps normal et les propriétaires de stocks ne seraient pas en mesure d’assurer la rotation de la marchandise compte tenu de la quantité totale envisagée. Les moulins fourragers devraient par conséquent essayer de vendre les stocks de blé à double usage en les transférant à une minoterie, ce qui accentuerait la volatilité du marché, n’aurait guère de sens sur le plan qualitatif et serait également absurde sur le plan écologique du fait de trajets superflus. Miser exclusivement sur le blé tendre à double usage nuirait en fin de compte à la diversification des réserves obligatoires à l’échelle nationale. Le stockage décentralisé sur le lieu de transformation serait ainsi remis en question. Au regard du débat actuel autour de la politique agricole et alimentaire, la stratégie consistant à miser autant sur le blé fourrager est une erreur. La tendance est inverse (feed no food). Coop Société Coopérative estime qu’une part de blé à double usage dans les réserves obligatoires est utile à la sécurité de l’approvisionnement, mais que cette part doit être mieux équilibrée que ne le prévoit le projet.

fenaco Société Coopérative s’oppose également à un double usage des céréales en raison des différences entre les exigences nutritionnelles des aliments destinés aux humains et celles des fourrages. C’est pourquoi, selon elle, il vaut mieux établir une séparation claire entre les céréales selon l’usage auquel elles sont destinées. fenaco Société Coopérative estime en outre que d’un point de vue à la fois économique et biologique, la réduction des cheptels visée ne peut guère être mise en œuvre en si peu de temps. Procéder à un abattage avant la fin de la durée de vie productive n’est pour elle pas acceptable d’un point de vue éthique. Il en résulterait par ailleurs un excédent temporaire de viande, laquelle ne pourrait guère être vendue à sa valeur marchande réelle ou qui devrait être stockée. Il n’est en outre pas certain que l’on dispose en Suisse des capacités d’abattage nécessaires pour ce cas de figure. Il faut donc prévoir un allongement de la phase de réduction des cheptels, ce qui nécessite des volumes en matières premières fourragères plus importants.

fenaco Société Coopérative doute que le stockage du volume de réserves obligatoires prévu soit réalisable dans un délai de dix ans. À son avis, ce délai ne prend en compte ni la durée de la phase de planification et d’autorisation, ni les éventuelles modifications à apporter aux plans d’aménagement pour créer des capacités supplémentaires. Les projets de construction peuvent aisément prendre plusieurs années de retard du fait des oppositions. Pour elle, ces obstacles liés aux procédures risquent donc fort de bousculer le calendrier proposé pour l’augmentation des réserves.