Rapport explicatif
Consultation 2024/100: Train d'ordonnances agricoles 2025 · 86 pages
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Ordonnance sur les mesures de lutte coordonnées contre les organismes nuisibles pour les cultures
recherches ont permis d’identifier au Japon, pays d’origine du ravageur, une espèce de guêpe parasitoïde Ganaspis kimorum qui s’attaque spécifiquement à la drosophile du cerisier. Des essais menés en collaboration avec le service phytosanitaire tessinois en milieux confinés proches des conditions naturelles ont permis de confirmer la spécificité élevée de ce parasitoïde pour Drosophila suzukii et donc le faible risque qu’une dissémination peut occasionner pour les espèces indigènes de drosophile. Des lâchers du parasitoïdes ont eu lieu en 2023 et en 2024 au Tessin et dans le Jura dans le cadre d’une dissémination expérimentale autorisée par l’OFEV. Des disséminations à large échelle de cet agent de lutte biologique ont également été réalisées en France et en Italie. Cette espèce remplit donc les conditions fixées à l’art. 6 de la présente ordonnance.
L’objectif visé par cette mesure est de réduire les populations de drosophile du cerisier afin de réduire la nécessité d’intervenir avec des insecticides pour protéger les cultures.
Chiffre 2 : Cochenie de Comstock (Pseudococcus comstocki)
Originaire de l’Asie de l’Est, la cochenille de Comstock Pseudococcus comstocki (Kuwana) a été signalée en Italie dans la région de Venise en 2004, puis dans le Sud de la France en 2005. Observée en Suisse dans les environs de Riddes, en Valais, en 2015, cette cochenille farineuse n’a cessé de se disséminer dans le Valais. A l’automne 2019, les contrôles en verger ont permis de détecter de nouvelles parcelles infestées par la cochenille de Comstock, notamment sur le coteau de Saxon. Les communes actuellement touchées s’étendent de Martigny à Sierre. La cochenille de Comstock est un insecte très polyphage, dont les dégâts les plus importants affectent les parcelles de poires, pommes, abricots et prunes. En 2021, le canton du Valais a décidé de fixer un périmètre de lutte obligatoire et d'ordonner des traitements obligatoires pour les cultures fruitières. De son côté, le service d’homologation des produits phytosanitaires a accordé dès 2019 des homologations exceptionnelles pour protéger les cultures contre ce ravageur avec des insecticides
Deux parasitoïdes peuvent être utilisés pour la lutte biologique contre la cochenille de Comstock :
Acerophagus malinus et Allotrapa burelli. La présence de ces deux espèces a été observée dans des parcelles en Valais en 2020. Acerophagus malinus a été libéré dans les vergers valaisans début juillet 2021, avec l'autorisation de l’OFEV. Allotrapa burelli est admis dans l’annexe 2 de la norme OEPP PM6/3 relative aux agents de lutte biologique utilisés en toute sécurité dans la région OEPP. Des lâchers ont été réalisés en France dès 2016 dans le cadre de la lutte biologique contre la cochenille de Comstock. Ces deux espèces remplissent les conditions fixées à l’art. 6 de la présente ordonnance.
L’objectif des lâchers est de ramener le ravageur en-dessous du seuil de tolérance avec des antagonistes naturels
Chiffre 3 : Cynips du châtaignier (Dryocosmus kuriphilus)
Le cynips du châtaignier est un organisme nuisible dangereux. Cette guêpe parasitique, originaire de Chine, touche exclusivement les châtaigniers. La ponte d’œufs dans les bourgeons provoquent la formation de galles bloquent la croissance des rameaux et de bourgeons, avec pour conséquences une baisse de la production de châtaignes et un affaiblissement généralisé de l’arbre par la diminution du feuillage. Un arbre peut perdre de 60% à 80% de son potentiel de production fruitière.
Torymus sinensis est une micro-guêpe parasitoïde qui est le prédateur naturel du cynips du châtaignier. Des premiers lâchers réalisés au Japon dans les années 70 se sont révélés être un succès, notamment de par l’exclusivité de Torymus sinensis pour son hôte le cynips. En Europe, il a été introduit en 2005 en Italie et a permis de contrôler l’invasion du cynips dès 2009.