Rapport explicatif

Consultation 2012/118: Loi fédérale sur le casier judiciaire informatique VOSTRA (Loi sur le casier judiciaire, LCJ) · 132 pages

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Le droit d’accès en ligne à l’extrait 2+ destiné aux autorités est approprié pour les offices centraux de police criminelle. La Confédération gère plusieurs services de ce type, en particulier dans les domaines du crime organisé, de la traite d’être humains, de la cybercriminalité, du trafic de stupéfiants, de la nonprolifération, etc.146.

Les services compétents de fedpol ont besoin des données du casier judiciaire pour confirmer un soupçon initial en relation avec une menace potentielle, éviter des enquêtes parallèles147, mais aussi vérifier la crédibilité d’une personne interrogée148 ou les antécédents d’un informateur149 ou faire des analyses de la situation. Ces buts sont expressément mentionnés dans l’avant-projet, au contraire de la législation en vigueur.

− Gérer le Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent

(art. 47, let. a, ch. 2)

Ici aussi, il s’agit d’une activité typique d’enquête préliminaire se déroulant avant les procédures réglées par le CPP et visant à déceler des infractions. Ce droit d’accès en ligne correspond à l’activité du Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent ou MROS (Money Laundering Reporting Office Switzerland; voir art. 23 LBA). Selon l’art. 1 de l’ordonnance du 25 août 2004 sur le Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent (OBCBA; RS 955.23), le MROS a notamment pour tâche d’assister les autorités de poursuite pénale dans la répression du blanchiment d’argent, de la criminalité organisée et du financement du terrorisme, de recevoir et d’analyser les communications et les dénonciations, de procéder à des recherches relatives aux faits qui lui ont été communiqués et de décider de la transmission des communications, dénonciations, annonces et autres informations aux autorités de poursuite pénale cantonales et fédérales. Le MROS dispose d’un laps de temps très court pour procéder à l’analyse des communications reçues. Dans les cas visés par l’art. 9 LBA, les avoirs doivent être bloqués dans les cinq jours ouvrables; il s’agit d’éviter qu’ils ne disparaissent. Le MROS doit donc avoir analysé le cas dans ce délai. S’il transmet les informations au procureur, il ne dispose que de trois jours à peu près car le ministère public doit avoir décidé durant le délai de cinq jours. Les données du casier judiciaire sont nécessaires avant tout pour analyser les communications reçues. Le MROS a également besoin de savoir si des enquêtes parallèles sont menées (consultation des données relatives aux procédures pénales en cours) pour pouvoir transmettre le dossier au bon service.

146 Voir le rapport du Conseil fédéral du 2 mars 2012 donnant suite au postulat Malama 10.3045 du 3 mars 2010 „Sécurité intérieure. Clarification des compétences“, FF 2012 4206).

147 Le fait de savoir qu’une enquête est en cours permet d’éviter des investigations parallèles.

148 Les interrogatoires sont conduits sur une base purement « volontaire » et non comme ils le seraient dans une enquête judiciaire. La personne interrogée n’est pas tenue de ré- pondre ou de collaborer de quelque manière que ce soit.

149 Les services compétents ne travaillent pas avec de véritables agents infiltrés, mais avec des « sources », c’est-à-dire des personnes faisant partie de l’environnement de la personne visée et qui font parvenir des informations à fedpol. Vérifier la crédibilité de ces personnes est donc très important. Elles ne doivent pas être impliquées dans une procé- dure pénale (afin qu’elles ne cherchent pas, dans le cadre de cette procédure, à justifier leurs agissements en se prévalant de leur rôle d’informateur).