Rapport explicatif
Consultation 2012/139: Mesures visant à garantir une meilleure compatibilité entre le droit international et le droit interne (révision de la Constitution et de la loi sur les droits politiques) · 48 pages
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par le Tribunal fédéral121. Pour des raisons de célérité de la procédure, les décisions relatives au droit de vote des citoyens et aux élections et votations populaires ne peuvent pas faire l’objet d’un recours au Tribunal administratif fédéral, si bien qu’il n’existe pas de double instance de recours dans ce cas122.
Le Tribunal fédéral connaît aussi en principe des recours contre les décisions de la Chancellerie fédérale en matière de droits politiques, aux termes de l’art. 82, let. c, en relation avec l’art. 88, al. 1, let. b, LTF123. En vertu de l’art. 80, al. 3, LDP, les membres du comité d’initiative peuvent attaquer la décision résultant de l’examen préliminaire fait par la Chancellerie fédérale lorsqu’elle concerne la validité formelle de l’initiative (art. 69, al. 1, LDP) ou son titre (art. 69, al. 2, LDP). On peut en déduire a contrario que les traductions de la Chancellerie fédérale et son contrôle de la concordance des textes ne peuvent pas faire l’objet d’un recours au Tribunal fédéral124. Les voies de droit sont aussi limitées contre les décisions de la Chancellerie fédérale concernant le non-aboutissement d’une initiative populaire (voir art. 80, al. 2, LDP).
Existence d’une cause au sens de l’art. 29a, 1re phrase, Cst.
Le droit à l’accès au juge s’entend seulement d’une cause (art. 29a, 1rephrase, Cst.). Les litiges qui ne portent pas sur des droits ou obligations juridiques de particuliers ne sont pas concernés par la garantie de l’art. 29a Cst.125. Tout acte administratif ne donne pas droit à l’examen par un juge. L’examen matériel préliminaire se terminera par une constatation des autorités sous forme d’expertise. La mention standard en donnera le résultat en résumé. L’art. 68, al. 1, let. f, LDP enjoindra au comité d’initiative de porter cette mention, avec la référence à l’avis complet, sur toutes les listes de signatures. Si la mention manque, les signatures portées sur la liste en question ne seront pas valables (art. 72, al. 2, let. a, LDP). Ces caractéristiques fontelles d’un différend à ce sujet une cause au sens de l’art. 29a LDP ?
‒ Si le comité d’initiative s’oppose par exemple à l’obligation même d’imprimer
la mention sur les listes de signatures, obligation incluse dans la décision résultant de l’examen préliminaire, il s’agit d’une cause au sens de l’art. 29a Cst. Par ailleurs, l’examen matériel pourrait aussi donner lieu à une cause au sens de l’art. 29a Cst. dans le cas où la décision de la Chancellerie fédérale sur l’aboutissement de l’initiative populaire au sens de l’art. 72 LDP serait contestée. Cela peut se produire si la mention standard obligatoire est, sur quelques listes de signatures, incomplète ou illisible et que la Chancellerie fédérale déclare nulles les signatures en question. Le litige pourra alors être porté devant le Tribunal fédéral si les conditions légales d’admissibilité du recours sont remplies. L’art. 80, al. 3, 2ephrase, LDP ne change rien à cela.
121 Voir art. 189, al. 1, let. f, Cst. et art. 82, let. c, de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF; RS 173.110).
122 Art. 32, al. 1, let. b, de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF; RS 173.32) et message du 28 février 2001 concernant la révision totale de l’organisation judiciaire fédérale, FF 2001 4000, 4185.
123 RS 173.110
124 Voir Etienne Grisel, Initiative et référendum populaires, 3e éd., Berne 2004, nm. 141; Buser (note 34), p. 396.
125 ATF 136 I 323 consid. 4.3; Christina Kiss, Rechtsweggarantie und Totalrevision der Bundesrechtspflege, RSJB 1998, p. 292.