Rapport explicatif
Consultation 2014/78: Protocole n° 15 portant amendement à Convention de sauvegarde des droits de l'homme et libertés fondamentales · 10 pages
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Sur la base des travaux de ses sous-comités, le Comité directeur a adopté lors de sa 74e réunion (du 27 au 30 novembre 2012) un projet de Protocole no 15 à l’attention du Comité des Ministres. Conformément au mandat, ce projet prévoyait des dispositions pour mettre en œuvre les ch. 12 b), 15 a) et b) et 25 d) et f) de la Déclaration de Brighton7. Le 17 janvier 2013, le Comité des Ministres a soumis le projet de protocole pour consultation à la Cour et à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Dans sa réponse du 6 février 20138, la Cour a accepté les cinq modifications. Trois de ces modifications avaient d’ailleurs été proposées par la Cour ellemême (voir ch. 6, 7 ss et 12 de la réponse). En ce qui concerne le principe de subsidiarité, mentionné désormais dans le préambule, la Cour a constaté avec satisfaction que le rapport explicatif précisait que ce principe devait être interprété conformément à la jurisprudence. Dans son avis du 26 avril 20139, l’Assemblée parlementaire s’est également prononcée en faveur du projet en soulignant sa nature technique. Enfin, le Comité des Ministres a adopté le Protocole no 15 lors de sa 123e session et l’a ouvert à signature le 24 juin 2013. En tant que protocole d’amendement, il entrera en vigueur lorsque tous les Etats parties l’auront ratifié. En date du 31 mai 2014, 7 Etats ont ratifié le Protocole no 15, et 29 l’ont signé.
Lors de sa 77e réunion, la Comité directeur a adopté un protocole additionnel, le Protocole no 16, à l’attention du Comité des Ministres. Cet amendement vise à élargir les compétences de la Cour pour qu’elle puisse rendre des avis consultatifs sur des questions en lien avec les droits et les libertés garantis par la Convention. Ces avis, non contraignants, pourraient être demandés par les hautes juridictions des Etats parties dans le cadre d’affaires pendantes devant elle. Le Comité des Ministres a adopté le protocole no 16 le 28 juin 2013, après consultation de l’Assemblée parlementaire10, et l’a ouvert à signature le 2 octobre 2013. Son entrée en vigueur nécessite sa ratification par 10 Etats. En date du 31 mai 2014, 10 Etats ont signé le Protocole no 16 ; aucun ne l’a encore ratifié.
Par rapport au Protocole no 15, le Protocole no 16 est plus complexe et ses effets sur la charge de travail de la Cour sont encore incertains. De plus, étant donné que les tribunaux suisses, et surtout le Tribunal fédéral, tiennent compte de la jurisprudence de la Cour, le Conseil fédéral préfère attendre avant de ratifier ce protocole. C’est pourquoi il propose, dans un premier temps, de ne ratifier que le Protocole no 15.
1.3 Aperçu du contenu du Protocole no 15
Le Protocole no 15 apporte cinq modifications à la Convention :
7 Il s’agit précisément des modification suivantes : mentionner le principe de subsidiarité (ch.
12 b)), réduire le délai de saisine (ch. 15 a)), adapter les critères de non-recevabilité lorsque le requérant n’a subi aucun préjudice important (ch. 15 c)), supprimer le droit d’objection des parties aux propositions de dessaisissement au profit de la Grande Chambre (ch. 25 d)), remplacer la limite d’âge pour l’exercice de la fonction de juge par une limite d’âge au moment de l’entrée en fonction (ch. 25 f)).
8 Consultable à l’adresse: www.echr.coe.int > Français > Textes officiels > Protocole no 15 > Avis de la Cour (Février 2013)
9 Avis 283 (2013), consultable à l’adresse : www.assembly.coe.int > Français > Documents > Avis > Projet de Protocole no 15 portant amendement à la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
10 Avis 285 (2013), consultable à l’adresse : www.assembly.coe.int/ > Français > Documents > Avis > Projet de Protocole no 15 portant amendement à la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales