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Consultation 2015/18: Stratégie nationale Addictions · 33 pages

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Dans le cadre de la présente stratégie, les quatre piliers évoqués se définissent comme suit :

Les quatre piliers de la politique suisse des addictions

Promotion de la santé, prévention et détection précoce

La prévention vise à empêcher, ou à stopper le plus tôt possible, le développement d’addictions. Elle englobe, d’une part, des mesures de promotion générale de la santé, dont le but est de

renforcer les ressources de chaque individu en matière de santé, y compris donc face aux

problèmes d’addiction. Et d’autre part, des mesures de prévention comportementale et structurelle, qui portent spécifiquement sur l’addiction et sont destinées à prévenir le plus tôt possible

l’apparition de comportements problématiques.

Les mesures de détection précoce sont réalisées auprès des groupes de personnes concernées, au sein desquels il s’agit d’identifier, le plus tôt possible, les éventuels signes précurseurs de comportements addictifs. Elle précède l’étape de l’intervention précoce, où il s’agit de fournir une aide adaptée aux difficultés détectées. L’identification, le soutien et le renforcement des ressources des personnes concernées sont des éléments centraux de la détection et de l’intervention

précoces.

Thérapie et conseil

Les mesures de traitement s’adressent aux personnes chez qui une dépendance s’est manifestée et qui font la démarche de demander de l’aide. Elles doivent permettre à ces personnes de sortir durablement de l’addiction, ou, si cela n’est pas possible, les aider à maîtriser leur comportement addictif et à garder ainsi ouverte la perspective d’une abstinence ultérieure.

La thérapie et le conseil visent à améliorer l’état de santé physique et psychique des personnes concernées et à favoriser leur insertion sociale et professionnelle. Ils englobent le conseil

psychosocial, le traitement médical ambulatoire ou hospitalier (le plus souvent en établissement sociothérapeutique ou psychiatrique), l’entraide, l’aide bénévole / non-professionnelle, ainsi que le suivi et le logement accompagné. Les traitements avec prescription de produits de substitution en font également partie.

Réduction des dommages et des risques

Les mesures de réduction des risques visent à stabiliser l’état de santé des personnes dépendantes (p. ex. en les orientant vers des comportements moins préjudiciables sur les plans individuel et social), à préserver leur intégration ou faciliter leur réinsertion sociale, et à leur offrir une aide à la survie. Le but principal n’est donc pas de conduire nécessairement ces personnes à l’abstinence, mais d’empêcher que leur situation sanitaire et sociale ne continue de se dégrader. Il s’agit de leur permettre de vivre avec le minimum de handicaps et de difficultés malgré leurs problèmes

d’addiction, et à préparer ainsi le terrain d’une future thérapie ou d’un futur sevrage.

Au-delà de l’aspect individuel, il s’agit aussi de réduire les risques et dommages que peuvent entraîner les comportements addictifs pour la société prise dans son ensemble, par exemple de faire reculer le nombre d’accidents liés à la consommation de substances psychoactives et

d’enrayer la propagation de maladies transmissibles.

Régulation et exécution de la loi

En ce qui concerne les substances et comportements légaux, les mesures de régulation englobent les interventions étatiques pour restreindre l’accessibilité et la disponibilité des substances

engendrant la dépendance ou limiter certains comportements (fixation de limites d’âge, restriction des horaires de vente). Quant à l’application de la loi, cela consiste à mettre en œuvre le cadre légal existant. S’agissant des substances illégales, l’application des lois en vigueur passe par des mesures répressives, visant l’arrêt du commerce, la raréfaction de l’offre et la réduction de la demande (mesures de lutte contre la criminalité en lien avec la consommation de substances illégales, etc.). Sachant que la consommation de ces substances est elle aussi punissable, et qu’une part importante de la répression réside dans les poursuites et les sanctions, ce quatrième pilier est aussi consacré à réduire les effets négatifs de la criminalisation des consommateurs.

10 I Stratégie nationale Addictions 2017–2024 Projet, version du 07.05.2015