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Consultation 2015/18: Stratégie nationale Addictions · 33 pages

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personnes dépendantes aux opiacés ou à la cocaïne, notamment au regard du logement, des revenus d’activité et du statut professionnel. Que les consommateurs de cannabis, du fait essentiellement de leur jeune âge, sont souvent des personnes hébergées et financées par leurs parents et en cours de formation.18 Et enfin, que les problèmes d’endettement sont plus importants chez les personnes

dépendantes aux jeux d’argent. Avant d’être interdites de casinos, ces personnes perdent entre 2 500 et 34 000 francs par mois.19

Tableau 2 : Indications sur la situation sociale des personnes débutant un traitement, par substance

Alcool Opiacés Cocaïne Cannabis Situation de logement stable 90,6 % 67,6 % 76,0 % 90,2 %

Revenus d’activité 49,6 % 25,3 % 43,5 % 27,2 %

Rente (AVS / AI) 15,5 % 15,2 % 11,5 % 5,8 %

Prestations d’aide sociale 16,0 % 40,2 % 23,6 % 11,2 %

Indemnités d’assurance-chômage 6,9 % 5,4 % 5,8 % 2-5 %

Financement par les parents et la 2,4 % 3,1 % 5,2 % 50,3 %

famille

Travail à temps complet (> 70 %) 41,5 % 23,5 % 40,7 % 21,3 %

Absence d’activité sur le marché de 22,3 % 34,8 % 22,2 % 8,7 %

l’emploi

En cours de formation 2,7 % 1,2 % 4,0 % 50,4 %

Âge moyen en début de traitement 45,3 36,1 31,6 21,8

Sélection d’indicateurs sur le statut social des personnes se tournant vers le système d’aide en

matière d’addiction à orientation sociothérapeutique et psychosociale (offres de conseil spécialisé et de traitement hospitalier), 2012.20

Dans les années 1990, ce sont surtout les scènes ouvertes de la drogue et la criminalité qui les

entourait qui alimentaient le débat politique sur l’insécurité liée aux addictions. Aujourd’hui, grâce à la politique des quatre piliers, notamment à la création des centres d’accueil bas seuil et à

l’avènement des traitements avec prescription de produits de substitution, les zones concernées ont recouvré leur tranquillité. Et les conséquences des comportements à risque et des addictions sur l’ordre public sont différentes.

Criminalité et autres infractions juridiques : L’alcool est impliqué dans environ la moitié des

infractions commises, et la moitié à peu près de la population suisse se sent importunée par une personne alcoolisée au moins une fois par an, ou a déjà été agressée par une telle personne.21 Plus de deux altercations, voies de fait et lésions corporelles sur trois (70 %) sont ainsi associées à l’alcool. Cela démontre le lien entre les addictions et des taux de criminalité plus élevé ou des infractions aux lois ne fait pas de doute. Qu’on parle d’addiction légale : 14 % des personnes qui ont démarré un traitement en 2012 en raison de leur consommation d’alcool l’ont fait sur ordonnance judiciaire ; la dépendance aux jeux d’argent s’accompagne elle aussi fréquemment d’infractions contre le

patrimoine, en tout cas selon les estimations à disposition.22 Ou qu’on parle d’addiction illégale : parmi toutes les infractions constatées en 2013, une sur sept concernait la LStup,23 même s’il s’agissait le plus souvent d’affaires mineures liées au trafic, à la détention ou à la consommation, très

majoritairement de cannabis. Cette substance est en effet l’objet des deux tiers des dénonciations de consommateurs.

Les coûts sociétaux de la dépendance et des comportements à risque se divisent en deux catégories : les coûts directs, c’est-à-dire les dépenses de santé à proprement parler, et les coûts indirects, c’est-àdire les coûts qui pèsent sur l’économie prise dans son ensemble. L’alcool entraîne ainsi quelque

18 Statistiques act-info de l’OFSP.

19 Bureau BASS 2004.

20 Source : Maffli et al. (2014).

21 Monitorage suisse des addictions, Cahier thématique : Dommages causés par des tiers alcoolisés, février 2014 (en allemand).

22 GREA (2014).

23 OFS (2014).

19 I Stratégie nationale Addictions 2017–2024 Projet, version du 07.05.2015