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Consultation 2015/18: Stratégie nationale Addictions · 33 pages
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4,2 milliards de francs de coûts par an, à savoir 0,8 milliard de coûts directs mais aussi 3,4 milliards de coûts indirects, dont 2,2 milliards de francs de pertes de productivité et de main-d’œuvre imputables aux arrêts maladie, aux retraites anticipées et aux décès.24 Le tabac, pour sa part, coûte chaque année environ 1,2 milliard de francs en prise en charge médicale et 3,8 milliards de francs en arrêts de travail, primes d’invalidité et autres. Quant aux coûts générés par les drogues illégales, ils ont été estimés, il y a une dizaine d’années de cela, à environ 4,1 milliards de francs par an. Etant précisé que ce chiffre, outre des dépenses de santé directes et des pertes de productivité, comprend aussi, du fait précisément de l’illégalité desdites drogues, des dépenses de police, de justice et d’exécution des peines particulièrement élevées comparativement à celles enregistrées pour les autres substances et comportements.25 Enfin, les coûts générés par l’addiction au jeu, se situeraient entre 550 et 650 millions de francs par an. Un chiffre qui semble faible par rapport à ceux énoncés plus haut, mais qui, d’après les experts, pourrait augmenter en raison notamment du développement de l’utilisation excessive d’Internet et des jeux d’argent en ligne.26
3.5 Résumé
Les comportements à risque et la dépendance sont la source de beaucoup de souffrance pour les personnes concernées et leur entourage. Mais ils constituent aussi un poids pour la société tout entière en raison des coûts induits par leur prise en charge médicale et sociale et par leurs
répercussions économiques.
Voici ce qu’il faut retenir en substance :
• au niveau individuel, on observe que beaucoup de gens s’en tiennent à des comportements à faible risque et savent doser leur consommation de substances de façon adéquate. C’est là en bonne partie le résultat des efforts déployés au cours des dernières décennies pour non seulement favoriser la prévention et la promotion de la santé mais aussi offrir le système d’aide en matière d’addiction le plus large et le plus complet possible. Et c’est sur cette base qu’il convient de bâtir à l’avenir pour assurer la continuité de l’action. L’objectif reste en effet d’aider chaque individu à maîtriser au mieux les risques potentiels, en lui permettant
d’exploiter ses propres compétences en matière de santé, en le sensibilisant aux problèmes liés aux addictions, et en créant des conditions de nature à l’encourager à faire des choix favorables à sa santé. Les personnes dépendantes doivent pouvoir compter sur le soutien de la collectivité et sur un système d’aide en matière d’addiction diversifié, comprenant
notamment conseil, thérapie et réduction des risques ;
• d’un autre côté, il faut chercher des réponses aux comportements à risque qui s’installent dans différents groupes de population, et s’assurer que ces personnes puissent aussi être atteintes indépendamment de leur âge, sexe ou de leur origine socio-culturelle. Il est
particulièrement important de miser dans ce domaine sur la détection précoce et sur
l’élaboration, puis l’amélioration continue, d’offres de traitement adaptées aux besoins. Un défi particulier est constitué par le vieillissement de la société. Cela est vrai au niveau des
individus, pour lesquels une dépendance signifie souvent l’isolement social, ainsi que pour le système d’aide aux dépendances, qui doit trouver des réponses aux polypathologies et à l’augmentation des besoins thérapeutiques ;
• au niveau de l’aide en matière d’addiction, deux objectifs doivent être poursuivis.
Premièrement, il faut resserrer les liens entre les fournisseurs de prestations à orientation plutôt médico-psychiatrique et ceux du domaine sociomédical et psychosocial, de façon à ce que ceux-ci puissent coopérer de façon efficace et, malgré leurs différences en termes de cadre financier et légal, assurer la pérennité de la qualité et de l’efficience de la prévention et du traitement de l’addiction. Etant précisé que les modalités de financement de ces
prestations de coordination devront être clarifiées. Deuxièmement, il faut renforcer et
24 Telser et al 2013.
25 Jeanrenaud : Le coût social de la consommation de drogues illégales en Suisse. 2005.
26 Jeanrenaud : Le coût social du jeu excessif en Suisse, 2013.
20 I Stratégie nationale Addictions 2017–2024 Projet, version du 07.05.2015