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Consultation 2015/18: Stratégie nationale Addictions · 33 pages
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dans le cadre d’enquêtes téléphoniques et ils fournissent souvent des renseignements erronés ;
d’autre part, les estimations faites par les douanes et la police sur la base des quantités saisies indiquent que lesdits consommateurs sont en fait bien plus nombreux.
La population compte environ 4 % de personnes ayant utilisé au moins une fois des médicaments améliorant les performances ou l’humeur. La consommation médicamenteuse augmente avec l’âge, et se révèle plus élevée chez les femmes. On observe ainsi que 18 % des femmes et 10 % des hommes âgés de 70 à 74 ans prennent quotidiennement des antidouleurs, des somnifères ou des tranquillisants, sans qu’il s’agisse là forcément d’une consommation problématique, puisque ces personnes sont plus souvent que les autres sous traitement médical.4
Les estimations relatives aux jeux d’argent révèlent qu’au moins 1,5 % de la population a un rapport pathologique à ces jeux, et au moins 0,5 % un rapport relevant de la dépendance. Elles montrent également que 40 000 exclusions de jeu étaient en vigueur dans les casinos helvétiques en 2014.5 Par ailleurs, différentes études font ressortir que la population suisse compte entre 1 et 6 % de personnes utilisant Internet d’une façon problématique pour leur santé, et que les jeux en ligne, très prisés des adolescents, occupent dans ce domaine une place particulièrement importante.6
La consommation mixte constitue elle aussi un problème. En effet, lorsque plusieurs
consommations à risque ou plusieurs dépendances coexistent, elles ont tendance à se renforcer mutuellement, qu’elles portent uniquement sur des substances psychoactives, ou à la fois sur des substances et sur des pratiques. C’est pourquoi les dépendances multiples devraient autant que possible être traitées conjointement et non séparément.
3.2 Demande en matière de traitement
En Suisse, l’éventail des offres d’’aide en matière d’addiction est large. C’est pourquoi la
collaboration et la coordination revêtent une importance particulière. Il faut en effet parvenir à une interaction optimale entre les divers fournisseurs de prestations de suivi et de traitement des
personnes dépendantes, promouvoir la coopération et assurer les financements. Les patients souffrant d’addiction sont pris en charge tantôt par des établissements de santé classiques, en traitement ambulatoire ou hospitalier, tantôt par des établissements spécialisés. Environ un quart des personnes hospitalisées en raison d’un diagnostic psychiatrique le sont à cause de problèmes liés à des substances.
Les estimations concernant le nombre de personnes dépendantes indiquent, qu’en réalité, seule une fraction d’entre elles se fait suivre ou traiter. Etant donné que la plupart des gens consultent leur médecin de famille au moins une fois par an, il faudrait donc renforcer le rôle de ces médecins dans la détection précoce d’une dépendance. Mais il faut également faire en sorte, par des
mesures de sensibilisation et d’information, que les personnes touchées et leur entourage soient mieux renseignés sur les offres d’aide existantes. Raison pour laquelle les offres de conseil en ligne auront elles aussi un rôle croissant à jouer.
Aperçu des principaux chiffres
Dans le secteur ambulatoire, la prise en charge est essentiellement assurée par les centres de conseil psychosociaux, la médecine de premier recours et les services psychiatriques ambulatoires. Les estimations montrent qu’en 2006, 21 000 personnes environ ont recouru à une offre de conseil ou
4 Rapport du Conseil fédéral « Médicaments améliorant les performances », novembre 2014.
5 Cf. Tagesanzeiger du 02.07.2014 et estimations de la CFMJ.
6 Gefährdungspotenzial von Internet und Online-Games (2012): Bundesratsbericht; Suris et al. (2011): La problématique des jeux d’argent chez les adolescents du Canton de Neuchâtel, Lausanne; Ligue valaisanne contre les toxicomanies (2010), Les jeunes et les jeux d’argent.
15 I Stratégie nationale Addictions 2017–2024 Projet, version du 07.05.2015