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Consultation 2015/18: Stratégie nationale Addictions · 33 pages

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35-54 ans, l’autre moitié se répartissant à parts à peu près égales entre la tranche des moins de 34 ans et celle des plus de 55 ans. Elle montre en outre qu’ils étaient près de 14 300 à présenter un diagnostic principal de syndrome de dépendance, et un peu plus de 4 200 à présenter un diagnostic principal d’intoxication. Mais au-delà des diagnostics principaux, les troubles liés à l’utilisation de substances représentent aussi une grande partie des diagnostics secondaires. Pour l’alcool, par exemple, on se rend compte, qu’en plus des quelque 3 700 diagnostics principaux d’intoxication alcoolique, on recensait, parmi les patients hospitalisés en 2013, le double environ de diagnostics secondaires de ce même type d’intoxication. Globalement, les cas impliquant l’alcool sont nombreux pour tous les types de troubles ; ceux impliquant les opiacés, ou l’utilisation de plusieurs substances à la fois, sont loin d’être quantité négligeable eux aussi.

3.3 Conséquences sanitaires et mortalité

Le tabac, l’alcool et la drogue jouent un rôle dans respectivement 9 000 (un décès sur sept), 1 600 et 120 décès par an dans notre pays. La consommation excessive de ces substances, et les

comportements à risque qui lui sont liés, ont des répercussions considérables sur le plan sanitaire : ils favorisent l’apparition de maladies non transmissibles (MNT), entraînent des accidents et sont la source d’actes de violence. La drogue continue en outre de causer de nouvelles infections par le VIH, l’hépatite et d’autres maladies transmissibles. Les efforts pour protéger les consommateurs, et la population dans son ensemble, contre ce risque de contamination doivent donc être poursuivis. Le lien entre dépendance et suicide constitue lui aussi un problème de santé publique à ne pas négliger.

Aperçu des principaux chiffres

Les conséquences sanitaires des comportements à risque et de la dépendance sont multiples. La dépendance, de façon générale, s’accompagne fréquemment d’autres troubles psychiques. La

consommation de drogues illégales, de son côté, est souvent impliquée dans la transmission de maladies infectieuses telles que le VIH ou les hépatites.12 A ce sujet, on constate que, si le nombre de nouvelles infections par le VIH a pu être fortement abaissé grâce aux mesures de réduction des risques, les usagers des établissements bas seuil sont encore 40 %, selon les estimations, à être positifs pour l’hépatite C.

La surmortalité liée aux comportements à risque et aux dépendances est toutefois due pour

l’essentiel à des maladies non transmissibles, provoquées par le tabac et par l’alcool. En effet, si les maladies oncologiques et cardiovasculaires constituent les causes de décès les plus fréquentes (56 % des décès chez les femmes, et 49 % chez les hommes), un décès sur sept, soit environ 9 000 décès par an, est lié au tabac, à savoir plus précisément à un cancer du poumon, à une maladie cardiaque ou à une broncho-pneumopathie chronique obstructive dans 59 % des cas.13 Et un décès sur onze est lié à l’alcool : en 2011, cette substance a entraîné environ 1 600 décès, survenus chez des personnes âgées de 15 à 74 ans, et dus dans trois cas sur cinq à une consommation chronique élevée ;14 la cirrhose du foie est à elle seule à l’origine de plus de 600 décès liés à l’alcool par an.

Le nombre annuel de décès directement imputables à la drogue (décès par overdose), qui constitue un indicateur important en matière de politique de la drogue, et qui était encore supérieur à 400 au début des années 1990, a constamment diminué ensuite, pour se stabiliser depuis quelques années autour de 120. On peut en conclure que les conditions de consommation établies dans le cadre de la réduction des risques sont un moyen de protection efficace contre ce type de décès prématuré.

Les chiffres font en outre clairement ressortir un nombre élevé de décès par accident ou acte de violence, en particulier chez les hommes. Sur les 1039 décès annuels recensés parmi les hommes

12 Somaini (2002).

13 OFS 2009.

14 Marmet, Gmel, Frick 2013.

17 I Stratégie nationale Addictions 2017–2024 Projet, version du 07.05.2015