Rapport explicatif
Consultation 2007/95: Deuxième révision de l'ordonnance sur la réduction des risques liés aux produits chimiques (ORRChim) · 46 pages
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d’environ 50 mg par kilogramme de matériaux de démolition. Cela correspond à une teneur en HAP d’environ 1000 mg par kilogramme de liant. Avec la procédure de pulvérisation de vernis sans test de fluorescence sous rayonnement UV, il est possible de détecter la présence de HAP dans les matériaux de démolition des routes à partir d’une concentration de 250 mg/kg (5000 mg par kilogramme de liant). Pour identifier de manière semi-quantitative les liants contenant du goudron, on peut recourir à la chromatographie sur couche mince (CCM). L’estimation de la teneur en goudron se fait en comparant la fluorescence du chromatogramme du prélèvement concerné à celle du chromatogramme d’un échantillon dont on connaît la teneur en HAP. Une révélation simple permet de détecter de manière fiable des teneurs en HAP de 50 mg/kg dans les matériaux de démolition. Une révélation double permet de réduire de moitié la limite de détection. La procédure de CCM nécessite environ 20 minutes.
Pour que la réglementation proposée soit bien accueillie et qu’elle soit facile à appliquer, il est important que les matériaux de démolition des routes puissent être examinés rapidement quant à leur teneur en HAP et en goudron, et que de grandes quantités de ces matériaux puissent être réutilisées sans analyses supplémentaires.
Les couches de roulement et traitements de surface qui contiennent du goudron polluent l’environnement
Une couche de roulement peut contenir du goudron parce qu’elle a été produite avec un liant qui en contient (par exemple du bitume de goudron), parce que des matériaux de démolition contenant du goudron ont été recyclés pour la fabriquer ou parce que sa surface a été traitée avec un produit contenant du goudron (brai de goudron travaillé à chaud, solutions de brai à froid ou émulsions de goudron, p. ex.).
Dans la ville d’Austin (Texas), l’abrasion des aires de stationnement traitées avec des émulsions de goudron a été identifiée comme la principale source de HAP dans les sédiments des eaux qui, par temps de pluie, recevaient une bonne partie des écoulements superficiels du bassin versant urbain. Lors de l’aspersion expérimentale d’aires de stationnement traitées avec ce genre d’émulsions, on a mesuré dans les particules emportées une concentration de HAP 60 fois plus élevée, en moyenne, que sur les surfaces non traitées. Les études de laboratoire et de terrain réalisées par la suite ont montré que les teneurs en HAP détectées dans les sédiments aquatiques pouvaient nuire aux organismes qui y vivaient. Ces résultats ont conduit le conseil municipal d’Austin à interdire l’emploi d’émulsions contenant du goudron à partir du 1er janvier
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2006 .
Trente ans plus tôt en Suisse, Waibel (1976) avait montré – en comparant des mesures d’immissions – que les revêtements routiers contenant des bitumes de goudron comme liant (13 % de goudron et 87 % de bitume) libéraient des HAP par abrasion15. Une route nationale dont le revêtement changeait entre deux sorties (asphalte de goudron / béton
14 Van Metre P.C., Mahler B.J., Scoggins M., Hamilton P.A.: Parking Lot Sealcoat: A Major Source of Polycyclic Aromatic Hydrocarbons (PAHs) in Urban and Suburban Environments. U.S. Geological Survey. Fact Sheet 2005-3147. January, 2006. Mahler B.J., Van Metre P.C., Bashara T.J., Wilson J.T., Johns D.A: Parking Lot Sealcoat: An Unrecognized Source of Urban Polycyclic Aromatic Hydrocarbons. Environ. Sci. Technol. 2005, 39, 5560-5566. 15 Waibel M.: Luft- und Gewässerverunreinigung durch 3.4-Benzpyren-haltigen Strassenabrieb. Zbl. Bakt. Hyg., I. Abt. Orig. B 163, 458-469 (1976).