Rapport explicatif

Consultation 2016/36: Politique climatique de la Suisse post-2020: accord de Paris sur le climat, accord avec l'Union européenne sur le couplage des deux systèmes d'échange de quotas d'émission, révision totale de la loi sur le CO2 · 72 pages

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CO2 issues des combustibles et des carburants fossiles à réaliser entre 2008 et 2012, première période d’engagement du Protocole de Kyoto8. La politique climatique a tout d’abord misé sur des mesures volontaires. Toutefois, lorsqu’il s’est avéré que les objectifs ne pourraient pas être atteints, le Parlement a accepté l’introduction de la taxe d’incitation sur le CO2 perçue sur les combustibles, qui était alors prévue en tant qu’instrument subsidiaire dans la loi. On a renoncé à introduire une taxe sur le CO2 perçue sur les carburants et prélevé à la place le centime climatique, une initiative de l’industrie pétrolière destinée à financer des mesures de protection du climat en Suisse et à l’étranger. La Suisse a pu respecter l’engagement pris sous le Protocole de Kyoto grâce à la prise en compte des puits de carbone des forêts9.

Lors de la révision totale de la législation sur le CO2 pour la période allant de 2013 à 2020, deuxième période d’engagement du Protocole de Kyoto, le champ d’application a été étendu à tous les gaz à effet de serre réglementés au plan international ainsi qu’aux puits de carbone des forêts et des produits en bois10. La loi en vigueur exige une réduction des gaz à effet de serre émis en Suisse d’au moins 20 % par rapport à 1990 d’ici à 2020 et constitue la base légale de la combinaison actuelle d’instruments comprenant notamment la taxe sur le CO perçue sur les combustibles11, le système d’échange de quotas d’émis-

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sion, le programme Bâtiments, le fonds de technologie, l’obligation de compenser s’appliquant aux importateurs de carburants et des prescriptions concernant les émissions de CO2 des nouvelles voitures de tourisme.

2.3.2 Évolution des émissions de gaz à effet de serre

Après que les émissions de gaz à effet de serre de la Suisse se soient à peu près stabilisées jusqu’en 2012, les mesures renforcées dans l’intervalle déploient lentement leurs effets. Malgré la croissance démographique et économique et l’accroissement de la surface habitable, les émissions de gaz à effet de serre de la Suisse ont globalement reculé de 9,3 %, soit de 7,6 à 5,9 tonnes par an par habitant, entre 1990 et 2014. Un aspect qui doit néanmoins être pris est compte est que 2014 a été une année plus chaude que la moyenne et que la consommation d’énergie de chauffage a donc été plus faible12. Si l’on exclut l’effet dû aux conditions météorologiques, la réduction des émissions de gaz à effet de serre est d’environ 5 % au total par rapport à 1990. Les fluctuations importantes en fonction des températures hivernales indiquent qu’il existe encore beaucoup d’installations de chauffage à combustibles fossiles. Conformément aux règles internationales, les émissions grises, qui sont générées par l’importation nette de marchandises et de services et qui sont comptabilisées à l’étranger selon les règles internationales, ne sont pas prises en considération ; elles entraîneraient plus qu’un doublement des émissions par habitant de la Suisse.

Dans le secteur du bâtiment (ménages et services), les émissions étaient inférieures de 30 % à celles de 1990 en 2014 alors que, dans le secteur des transports, les émissions étaient supérieures de 9 % à celles de 1990. Bien que les émissions de CO2 par kilomètre parcouru enregistrent un recul, qui est notamment imputable à l’adjonction toujours plus

8 La Suisse s’était engagée sous le Protocole de Kyoto à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 8 % par rapport à leur niveau de 1990 entre 2008 et 2012. La loi sur le CO2 fixait, pour la même période, des objectifs similaires pour les émissions de CO2 énergétiques (moins 10 %) ainsi que des objectifs partiels pour les combustibles (moins 15 %) et les carburants (8 %).

9 Cf. le communiqué de l’OFEV aux médias du 10 avril 2014 : http://www.bafu.admin.ch/klima/03449/12696/index.html?lang=fr&msg-id=52619

10 Sont exceptées les émissions des transports aériens internationaux, qui ne sont pas compris es dans l’objectif climatique suisse. Cela n’est pas non plus prévu pour la période après 2020.

11 La taxe sur le CO perçue sur les combustibles a été relevée de 36 à 60 francs par tonne de CO en 2014; elle est passée 2 à 84 francs par tonne de CO2 en 2016.

12 Émissions selon l’inventaire des gaz à effet de serre 2014 : l’inventaire des gaz à effet de serre fournit une statistique complète des émissions selon les directives de la Convention-cadre sur les changements climatiques. La Confédération l’utilise pour contrôler si la Suisse maintient le cap des réductions internationales et nationales fixées dans le Protocole de Kyoto et dans la loi sur le CO2. L’inventaire des gaz à effet de serre ne recense pas les émissions liées à des importations, générées indirectement à l’étranger.