Rapport explicatif
Consultation 2018/79: Politique agricole à partir de 2022 · 169 pages
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Économie
L’évolution positive de la productivité du travail indique que le potentiel d’amélioration de l’efficacité est exploité, par exemple en raison du progrès technique. Avec 1,3 %, la hausse annuelle moyenne de la productivité du travail était cependant moins élevée pendant les années 2008/10 à 2014/16 que pendant les années précédentes, qui s’explique, entre autres, par le ralentissement de l’évolution structurelle. Les investissements en capital ont été suffisants et on peut escompter que les biens d’équipement continueront de pouvoir être renouvelés tous les trente ans.
Cependant, l’agriculture suisse n’est pas encore assez compétitive sur le plan international (cf. encadré 2). En comparaison internationale, la Suisse est confrontée à des différentiels de productivité résultant de plusieurs facteurs : des structures plus petites, permettant moins d’effets d’échelle, des difficultés dues au climat et à la topographie, et un niveau des coûts globalement élevé. À cela s’ajoutent les coûts élevés des prestations intermédiaires.
Encadré 2 : Évolution du soutien global à l’agriculture suisse en comparaison internationale
L’amélioration de la compétitivité du secteur agroalimentaire suisse est un objectif prioritaire de la PA22+. L’Estimation du soutien aux producteurs (ESP) de l’Organisation de coopération et de développement économique : OCDE, qui permet d’estimer la part de soutien étatique comprise dans les recettes des producteurs, peut servir d’indicateur pour l’évaluation de la compétitivité statique12. Elle indique l’ampleur du soutien que des mesures étatiques (protection douanière, paiements directs, paiements liés aux produits, etc.) apportent au secteur agricole d’un pays.
Figure 4 : Évolution du soutien global à l’agriculture suisse en comparaison OCDE
En comparant l’ESP de la Suisse à celui d’autres pays, il apparaît que notre agriculture ne serait actuellement compétitive que dans des pays tels que la Norvège, la Corée du Sud ou le Japon, qui ont également des niveaux de soutien élevés (cf. fig. 4). Par rapport à l’UE, en revanche, l’agriculture suisse bénéficie d’un soutien beaucoup plus élevé et, à moins d’adaptations, elle ne serait pas compétitive sur ce marché. Les études de l’OCDE arrivent à une conclusion identique en ce qui concerne les secteurs en amont et en aval de l’agriculture13. D’une manière générale, l’OCDE observe que les branches qui opèrent dans des marchés protégés ne sont pas armées contre la concurrence étrangère. Les branches peu ou pas protégées disposent en revanche d’une meilleure capacité concurrentielle, à l’exemple du secteur fromager où des chaînes de valeur positionnées dans les segments de prix élevés supporteraient la concurrence européenne même en l’absence de protections douanières et des suppléments laitiers14.
12 Monitoring and Evaluation Report, OECD, 2016
13 OECD, 2015
14 Flury et al. 2013