Rapport explicatif
Consultation 2018/79: Politique agricole à partir de 2022 · 169 pages
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Encadré 3 : Différences de revenu dans l’agriculture suisse
Les différences de revenu dans l’agriculture suisse sont considérables. Une analyse des comptabilités agricoles effectuée par Agroscope18 a identifié quatre causes : la formation, la taille de l’entreprise, l’orientation de l’exploitation et la gestion de l’exploitation. La région joue également un rôle significatif : le revenu se réduit à mesure que l’altitude augmente. Les principaux facteurs qui influent sur le revenu du travail par unité de main d’œuvre familiale sont brièvement présentés ci-après :
Taille de l’exploitation : la taille de l’exploitation représente un facteur d’influence agroéconomique fondamental. Elle a toujours une influence très positive sur le revenu du travail. Par exemple, si un producteur de lait agrandit son troupeau de vaches, le besoin en travail augmente de manière proportionnellement moins importante en raison des effets d’échelle. Les exploitations à plein temps de grande taille s’en tirent donc nettement mieux du point de vue du revenu du travail que les exploitations à temps partiel plus petites. Les exploitations plus petites peuvent cependant bénéficier aussi de tels effets d’échelle par l’intermédiaire de la collaboration avec d’autres exploitations.
Orientation de la production : les exploitations de production végétale, c’est-à-dire celles qui se consacrent principalement aux grandes cultures ou aux cultures spéciales telles que les légumes, les fruits et la vigne, enregistrent un revenu du travail plus élevé. Il en va de même pour l’engraissement de porcs et de volaille. Par contre, l’orientation de la production sur les vaches laitières ou les vaches mères est souvent liée à un revenu plus bas par main-d’œuvre familiale.
Formation : le revenu du travail augmente en même temps que le niveau de formation du chef d’exploitation et de son/sa partenaire. Cela ne concerne pas seulement la formation agricole, mais aussi la formation en dehors de l’agriculture.
Gestion de l’exploitation : les exploitations qui ont un revenu du travail plus élevé génèrent systématiquement plus de revenu par hectare et par unité de gros bétail et présentent des coûts plus bas. Les chefs d’exploitation performants parviennent ainsi à générer plus d’extrants avec moins d’intrants. Elles illustrent comment adapter la technique culturale, d’une part, et le choix des intrants utilisés, d’autre part, à court et à moyen terme. Par exemple, uniquement en ce qui concerne les coûts des machines dans la branche de production du blé, le quart ayant les revenus du travail les plus élevés présente des coûts 525 francs moins élevés par hectare que le quart ayant les revenus les plus bas.
L’étude montre qu’une part importante des différences de revenu dépend de facteurs sur lesquels les chefs d’exploitation peuvent influer eux-mêmes. Par conséquent, ils ont la possibilité d’augmenter leur revenu du travail s’ils épuisent les éléments qu’ils peuvent influencer. Les fiduciaires et la vulgarisation agricole peuvent les soutenir dans ce processus.
Sécurité de l’approvisionnement et pertes de surfaces cultivées
La production indigène de calories a eu tendance à augmenter au cours des dernières années. Les différences dans la comparaison annuelle s’expliquent principalement par des fluctuations dans les récoltes, liées aux conditions météorologiques. Ainsi, en 2016, des conditions météorologiques défavorables (en particulier de la neige, du gel et beaucoup de pluie pendant le premier semestre et une sécheresse pendant le deuxième semestre) ont conduit à des récoltes exceptionnellement mauvaises de céréales, betteraves sucrières et pommes de terre, ce qui s’est reflété dans la faible production de calories et, partant, dans un faible taux d’auto-approvisionnement. En vue de l’évaluation de l’évolution à long terme de la production indigène, la tendance est plus parlante que des valeurs annuelles isolées. En raison de la tendance à la hausse de la production de calories brutes et de la tendance stable ou
18 Lips, M. 2017. Wirtschaftliche Heterogenität auf Stufe Betrieb und Betriebszweig, Agroscope Science, Ettenhausen