Rapport explicatif

Consultation 2018/79: Politique agricole à partir de 2022 · 169 pages

Fedlex · Rapport explicatif · Page 18Fedlex · Rapport explicatif

légèrement à la hausse de la production de calories nettes (c’est-à-dire des denrées alimentaires produites sur la base d’aliments pour animaux domestiques), les objectifs du Conseil fédéral pourront vraisemblablement être atteints d’ici 2021 (brutes : 23 300 TJ ; nettes : 21 300 TJ).

Le taux d’auto-approvisionnement, à savoir la part de la production indigène sur la consommation, dépend de l’évolution de la population, en plus de celle de la production indigène. Malgré la hausse de la population, il a été possible de maintenir le taux d’auto-approvisionnement brut à un niveau constant au cours des dernières années. Le taux d’auto-approvisionnement net a enregistré une légère tendance à la baisse, en raison de la hausse des importations d’aliments pour animaux. 2016 a été l’une des pires années agricoles récentes du point de vue de la production végétale. Les faibles rendements en matière de production végétale ont conduit à une baisse exceptionnelle du taux d’auto-approvisionnement, qui est tombé à 56 %. Il n’est cependant pas possible de déduire une tendance à la baisse à partir de cette année exceptionnelle.

Figure 8 : Évolution de la production de calories et du taux d’auto-approvisionnement

Les terres arables sont un facteur primordial pour l’agriculture qui a mission de produire des denrées alimentaires à partir du sol et de fournir des services écosystémiques. Entre 1979/85 et 2004/09, l’agriculture a perdu 107 900 ha de terres agricoles et en a gagné 22 900 ; il en résulte donc une perte nette de 85 000 ha, ou 5,4 %. Les pertes se répartissent pour deux tiers sur des surfaces agricoles situées dans la région d’habitat permanent et pour un tiers sur des surfaces affectées à l’économie alpestre dans la région d’estivage. Dans la région d’habitat permanent, 90 % des pertes sont dues à l’extension des surfaces urbanisées. La plupart de ces pertes (31 000 ha) sont liées à la construction de bâtiments, dont un cinquième cependant pour l’accroissement des bâtiments agricoles.

Outre l’urbanisation, l’avancée de la forêt joue un rôle important. Elle est responsable d’un tiers des pertes de surfaces agricoles. Entre 1979/85 et 2004/09, la surface boisée et la végétation buissonneuse ont gagné près de 27 000 hectares de surface agricole. La forêt a principalement progressé sur les surfaces affectées à l’économie alpestre. Avec les contributions plus différenciées et plus élevées pour les surfaces en pente et les surfaces en forte pente ainsi qu’avec la contribution d’alpage, la Politique agricole 2014-2017 a introduit des incitations supplémentaires en faveur du maintien d’un paysage ouvert. Grâce à elles, l’objectif fixé en matière de réduction de l’embroussaillement et de l’envahissement par la forêt devrait pouvoir être atteint. Il n’en reste pas moins que de gros efforts restent à faire pour ramener à moins de 1000 ha par année la perte de surfaces agricoles.