Rapport explicatif

Consultation 2021/4: Harmonisation des peines et adaptation du droit pénal accessoire au nouveau droit des sanctions. Projet 3: loi fédérale portant révision du droit pénal en matière sexuelle · 83 pages

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On instaure au ch. 1bisune peine privative de liberté minimale d’un an pour les cas où l’enfant a moins de 12 ans le jour de l’acte et où l’auteur commet sur lui un acte d’ordre sexuel ou l’entraîne à commettre un tel acte avec un tiers ou un animal. Cette adaptation découle d’une demande formulée dans l’initiative parlementaire 16.408 Jositsch « Actes d'ordre sexuel avec des enfants de moins de 16 ans. Instaurer des peines planchers », à laquelle les commissions des affaires juridiques ont donné suite23.

L’instauration d’une peine minimale exprime le caractère particulièrement répréhensible d’un abus commis sur un enfant aussi jeune. En règle générale, plus la victime est jeune, plus le degré d'illicéité est élevé.

L’art. 187, ch. 1, comporte trois variantes d’infraction :

 lorsque l’auteur commet un acte d’ordre sexuel sur un enfant, il y a contact physique entre l’auteur et la victime, c’est-à-dire que l’auteur touche l’enfant ou que l’enfant touche l’auteur24;

 lorsque l’auteur entraîne l’enfant à commettre un acte d’ordre sexuel, il n’y a pas entre eux de contact physique ; cette variante n’englobe que les actes que l’enfant commet sur son propre corps, sur le corps d’un tiers ou sur un animal25;

 lorsque l’auteur mêle un enfant à un acte d’ordre sexuel, il n’y a pas non plus de contact physique entre eux ; dans cette variante, l’enfant est associé à l’acte d’ordre sexuel en qualité de spectateur26.

La peine minimale prévue au ch. 1biss’appliquera aux variantes ci-après de l’art. 187, ch. 1 :

 lorsque l’auteur commet un acte d’ordre sexuel sur un enfant ou

 lorsque l’auteur entraîne l’enfant à commettre un acte d’ordre sexuel sur un tiers ou un animal.

Ces actes justifient une peine minimale en raison de leur degré d'illicéité.

Le fait d’entraîner un enfant à commettre un acte d’ordre sexuel sur son propre corps ne justifie pas par contre une telle peine minimale. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral27, lorsque l’auteur incite l’enfant à se masturber, il l’entraîne à commettre un acte d’ordre sexuel sur son propre corps. Cela n’implique pas obligatoirement la présence de l’auteur. Dans une telle situation, une peine privative de liberté minimale d’un an serait excessive, raison pour laquelle ce cas de figure relève du ch. 1 ou relèvera du nouveau ch. 1ter.

La variante qui consiste à mêler un enfant à un acte d’ordre sexuel ne donnera pas lieu à l’application de la nouvelle peine minimale. Le développement sexuel de

23 www.parlement.ch > n° d’objet 16.408. La CAJ-E a donné suite à l'iv. pa. le 30 août 2016. La CAJ-N s’est ralliée à cette décision le 6 avril 2017.

24 Maier Philipp, 2019, n° 10 ad art. 187.

25 Maier Philipp, 2019, n° 13 ad art. 187.

26 Maier Philipp, 2019, n° 17 ad art. 187.

27 Arrêt du Tribunal fédéral 6B_702/2009 du 8 janvier 2010, consid. 7.4.