Rapport explicatif
Consultation 2026/49: Modification de la loi sur les banques (mise en œuvre des mesures issues du rapport du Conseil fédéral sur la stabilité des banques et du rapport de la Commission d’enquête parlementaire) · 257 pages
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constitutionnel et politique des autres pays n’est que partiellement comparable aux réalités helvétiques.
Pour obtenir des comparaisons pertinentes, il est indiqué de se concentrer sur les autorités de surveillance ayant un champ d’activité similaire. La FINMA est une autorité de surveillance intégrée, qui couvre un secteur financier très diversifié et dont les décisions peuvent avoir une grande portée ; ce constat vaut tant au niveau international, en raison de l’importance de la place financière suisse, qu’au niveau national où le secteur financier pèse lourd dans le PIB. Les douze autorités de surveillance intégrée en activité au niveau mondial disposent généralement d’une structure de gouvernance comprenant un conseil d’administration et une direction (dans 9 cas sur 12)216. Les décisions stratégiques sont du ressort du conseil d’administration, conformément aux principes de bonne gouvernance d’entreprise reconnus au niveau international. De telles décisions sont généralement qualifiées de « stratégiquement importantes ».
Le secteur financier lui-même diffère beaucoup d’un pays à l’autre, ou alors les autorités compétentes ont reçu un mandat de surveillance très différent de celui en place en Suisse. Le Royaume-Uni et le Canada possèdent ainsi un modèle de surveillance reposant sur deux piliers (twin peak), dans lequel une autorité assure la surveillance prudentielle et l’autre la surveillance des comportements. Une telle solution n’est pas comparable au modèle suisse, où la FINMA se charge à la fois de la surveillance prudentielle et de celle des comportements. Aux États-Unis, le marché financier est soumis à la surveillance de nombreuses autorités actives tantôt au niveau fédéral, tantôt à l’échelon des États fédérés. Le modèle de surveillance américain n’est donc pas non plus comparable à celui de la Suisse. Quant à Singapour, la surveillance est du ressort de la Monetary Authority of Singapore (MAS), qui exerce à la fois la surveillance prudentielle et celle des comportements. La MAS mène également la politique monétaire en tant que banque centrale. La solution singapourienne n’est donc pas non plus comparable au modèle de surveillance helvétique, dans lequel la politique monétaire est du ressort de la Banque nationale tandis que la surveillance des marchés incombe à la FINMA.
L’Allemagne constitue un autre cas particulier : bien que la BaFin soit considérée comme une autorité de surveillance intégrée, de nombreux contrôles sur place sont
216 Les douze pays suivants disposent d’une autorité de surveillance intégrée : Allemagne, Autriche, Colombie, Corée, Danemark, Estonie, Finlande, Japon, Norvège, Pologne, Suède et Suisse (Financial Stability Institute, FSI : « Financial supervisory architecture : what has changed after the crisis ? », avril 2018, p. 36, accessible à l’adresse : https://www.bis.org/fsi/publ/insights8.htm). Depuis l’étude du FSI de 2018, le cadre de surveillance a changé en Islande et en Lettonie, pays qui n’ont plus d’autorité de surveillance intégrée. Les trois exceptions à la règle du conseil d’administration sont le Japon, la Colombie et la Corée du Sud. Une étude du FMI consacrée à l’indépendance des autorités de surveillance des marchés financiers attribue aux autorités de surveillance intégrée dotées d’un conseil d’administration et d’une direction une note en moyenne plus élevée qu’à celles qui n’ont pas de conseil d’administration (cf. Working Paper : «Financial Supervisory Independence and Accountability–Exploring the Determinants », juin 2008, p. 8, accessible à l’adresse : https://www.imf.org/en/publications/wp/issues/2016/12/31/financial-supervisory-independence-and-accountabilityexploring-the-determinants- 22004.