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Consultation 2014/84: Révision du Plan Loup et du Plan Lynx Suisse · 21 pages

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Plan Lynx OFEV 2014

Lorsque des lynx menacent la diversité des espèces dans une région ou une partie de région, la commission intercantonale analyse la situation et coordonne la marche à suivre. Les représentants des cantons au sein de la commission intercantonale peuvent ensuite demander l’assentiment de l’OFEFP pour tirer des lynx dans une région ou une partie de région (art. 7, al. 2, LChP).

Pour pouvoir évaluer, décréter et planifier une intervention visant à réguler une population de lynx, il est indispensable de disposer de données fiables sur l’évolution des effectifs de lynx, de chevreuils et de chamois, voire d’autres espèces animales qui pourraient être menacées par le lynx, sur l’évolution des dommages causés aux animaux de rente et sur l’état de régénération des peuplements forestiers. Pour l’essentiel, ces données peuvent être obtenues dans le cadre des enquêtes de routine menées par les cantons (monitoring extensif du lynx par les cantons; cf. annexe 3). Ces enquêtes et leurs dépouillements doivent permettre d’apprécier à un stade précoce l’évolution de la situation dans tout ou partie d’un sous-compartiment et de décider s’il faut prendre d’autres mesures en cas d’augmentation des populations de lynx et de diminution simultanée des effectifs de chevreuils et de chamois.

S’il semble utile prendre d’autres mesures, des données supplémentaires doivent être collectées pour confirmer la tendance et consolider la planification de l’intervention de régulation (monitoring intensif du lynx par la Confédération et les cantons; cf. annexe 3). Dans les sous-compartiments à cheval sur plusieurs cantons, les enquêtes doivent être coordonnées au niveau de tous les cantons concernés.

Même lorsque les lynx sont peu nombreux dans un sous-compartiment, il est recommandé aux cantons de procéder à un monitoring extensif à l’aide de pièges photographiques, de déterminer les méthodes de décompte utilisées pour le recensement des ongulés et de relever régulièrement des données en appliquant ces méthodes (p. ex. tous les trois ans). Ces données sont très utiles pour déterminer avec précision l’évolution des populations de lynx et d’ongulés dans le périmètre d’intervention.

Dans un sous-compartiment, les dégâts causés au bétail sont jugés importants si plus de 35 animaux de rente sont attaqués par un lynx en l’espace de quatre mois ou si plus de 25 bêtes sont attaquées en un mois.

Les pertes dans l’utilisation des régales de chasse d’un sous-compartiment sont jugées sévères si les effectifs de chevreuils et de chamois diminuent de façon importante et si, dans le même temps, les effectifs de lynx augmentent ou restent importants. La diminution des populations d’ongulés sauvages est jugée importante si, dans les milieux principalement forestiers, les effectifs de chevreuils et de chamois et l’évolution du gibier péri affichent une tendance à la baisse pendant trois années consécutives et si le tableau de chasse diminue d’un tiers. Dans la forêt, aucun dommage excessif dû à l’abroutissement ne doit être observé dans le même temps. Cela signifie que la régénération naturelle de la forêt avec des essences adaptées au site doit être possible sans aucune mesure de protection sur au moins 75 % de l’aire forestière du sous-compartiment et (si la part de forêts protectrices est supérieure à 20 %) sur au moins 90 % de la surface de forêts protectrices à l’intérieur du souscompartiment (cf. document « Aide à l’exécution – Forêt et gibier » publié par l’OFEV).

Une intervention visant à réguler la population de lynx dans un sous-compartiment est possible uniquement si, au cours de l’année précédente, au moins trois reproductions réussies ont été attestées dans ledit sous-compartiment. Le nombre maximal de lynx pouvant être abattus correspond alors à un animal par reproduction attestée l’année précédente.

Dans certains cas exceptionnels dûment fondés et approuvés par les autres cantons du souscompartiment et par l’OFEV, les cantons peuvent quelque peu adapter les critères de tir (nombre de bêtes tuées, réduction du tableau de chasse, période, périmètre des dommages) aux conditions locales et régionales.

Si cette possibilité existe, la mesure prioritaire visant à réduire une population de lynx doit consister à capturer des individus et à les déplacer vers des compartiments principaux non encore colonisés (en Suisse ou à l’étranger) dans le cadre de programmes de réintroduction adaptés (cf. 4.1).