Rapport explicatif
Consultation 2018/38: Loi fédérale concernant la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme · 57 pages
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exigences du GAFI sur la transparence des personnes morales, selon lesquelles les informations sur les membres doivent être disponibles dans le pays afin qu’elles puissent être fournies rapidement sur demande73.
Mesures rejetées
1. Réglementation de la collecte de fonds
Une alternative à l’introduction de nouvelles règles de transparence dans le droit des personnes morales pour limiter les risques d’abus serait de réglementer directement l’activité à risque, à savoir la collecte et la distribution de fonds à des fins caritatives. Des mesures de droit public pourraient être introduites pour uniformiser les règles en vigueur dans les différents cantons et soumettre ce type d’activité à autorisation administrative. La collecte et la distribution de fonds pourraient alors être réservées à des organismes dûment autorisés, qui présentent des garanties de transparence suffisantes. Cette mesure nécessiterait toutefois une coordination entre droit fédéral et cantonal.
2. Réglementation de la reconnaissance du statut d’utilité public en droit fiscal
Le droit fiscal fédéral et cantonal permet d’accorder des exonérations d’impôts aux personnes morales qui poursuivent des buts d’utilité publique74. La réglementation fiscale précise les critères qu’une association, une fondation ou une société doit remplir pour obtenir une telle exonération. Ces critères pourraient être utilisés et adaptés pour prévenir les risques d’abus et améliorer la transparence des OBNL. Il s’agirait de préciser les critères d’exonération fiscale, en adoptant un système similaire à celui qui existe en Allemagne (cf. ch. 1.3.2). Une telle mesure impliquerait un changement de paradigme en conférant aux autorités fiscales un rôle accru dans la lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent. Elle nécessiterait en outre une coordination entre droit fédéral et cantonal.
3. Surveillance administrative des associations
Contrairement aux fondations, les associations ne sont pas soumises à la surveillance d’une autorité étatique. Les mécanismes d’autorégulation qui existent en Suisse permettent d’exercer un certain contrôle des activités des OBNL. On pense notamment aux normes de la fondation ZEWO et aux certificats qu’elle délivre aux organisations qui acceptent de se soumettre à son contrôle75. Cette forme de surveillance est toutefois purement facultative et les entités contrôlées par les organismes d’autorégulation sont principalement de grandes organisations. On ne compte que peu de petites associations parmi les affiliés. Une certaine surveillance des associations considérées comme des OBNL existe aussi par le biais des autorités fiscales, mais son efficacité à lutter contre les abus de financement du terrorisme est limitée76. Il pourrait donc être envisagé de soumettre les associations à risque répondant à la définition d’OBNL à la surveillance d’une autorité administrative. Ces associations devraient néanmoins être identifiées au préalable. Cette mesure devrait donc aller de pair avec l’inscription de ces associations au registre du commerce. Une surveillance efficace des associations impliquerait toutefois la création d’une autorité de surveillance ou la réorganisation d’une autorité existante engendrant l’allocation d’importants moyens supplémentaires. Elle signifierait également une restriction non négligeable à la liberté d’association. Même si cette mesure est de nature à
73 Recommandation 24 du GAFI ainsi que critères 24.4, 24.10 et note de bas de page 51 de la méthodologie d'évaluation du GAFI de 2013; http://www.fatf-gafi.org > Publications > Évaluations mutuelles
74 Cf. art. 56, let. g, de la loi fédérale du 14 décembre 1990 sur l’impôt fédéral direct (LIFD, RS 642.11) et art. 23, al. 1, let. f, de la loi fédérale du 14 décembre 1990 sur l’harmonisation des impôts directs des cantons et des communes (LHID, RS 642.14)
75 Selon ses statuts, la fondation ZEWO a pour but d’encourager la transparence et la probité d'organisations d’utilité publique collectant des dons. Elle délivre un label de qualité et fournit des informations et des renseignements sur les organisations d’utilité publique qui récoltent des dons. À ce jour, plus de 500 entités suisses sont titulaires du label de qualité ZEWO (pour plus d’informations, cf. www.zewo.ch).
76 4e rapport d’évaluation mutuelle de la Suisse, p. 94