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Consultation 2014/84: Révision du Plan Loup et du Plan Lynx Suisse · 23 pages
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Plan Loup OFEV 2014
membres de gérer les loups présents dans l’arc alpin, de Nice à Vienne, comme une population commune.
Les expériences faites en Italie, en France et en Suisse montrent que la recolonisation d’une région par le loup se fait en trois temps :
Phase 1 : arrivée de quelques jeunes mâles qui explorent toute la région avant de s’établir là où ils
trouvent de la nourriture en suffisance.
Phase 2 : arrivée de jeunes femelles ; l’accouplement et la reproduction commencent au sein de petites
meutes, souvent dans des zones protégées calmes et riches en gibier.
Phase 3 : propagation géographique et régularisation de la reproduction ; la population augmente de 20
à 30 % par an.
Les régions concernées par l’arrivée du loup sont confrontées, dans chacune de ces phases, à des problèmes et des conflits typiques, qui posent autant de défis à la recherche de solutions praticables : Phase 1 : Des individus isolés trouvent de quoi se nourrir dans des régions giboyeuses ; les
répercussions sur la faune sont à peine visibles et les loups peuvent passer inaperçus relativement longtemps dans un paysage sous l’empreinte de l’homme ; tôt ou tard, ils attaquent des troupeaux de petit bétail, particulièrement ceux qui ne sont pas protégés, et provoquent d’importants dégâts. Plus de 90 % des dommages concernent des moutons estivés. Mesures : soutien à la mise en place de la protection des troupeaux et tir de certains loups causant des dommages importants.
Phase 2 : L’exploitation adéquate des alpages, l’emploi de chiens de protection des troupeaux et
d’autres mesures de protection réduisent fortement les dommages causés aux animaux de rente ; au plan régional, l’élevage du petit bétail a pu s’adapter aux nouvelles conditions ; cependant, les loups colonisent rapidement de nouveaux territoires, y créant de nouveaux conflits. Mesures : encouragement de l’extension de la protection des troupeaux dans ces régions et tir de certains loups causant des dommages importants, en tenant compte d’une éventuelle reproduction.
Phase 3 : La protection des troupeaux s’est établie dans de grandes parties de la Suisse ; l’agriculture,
en particulier l’élevage de petit bétail, est soutenue par les pouvoirs publics pour faire face à la présence du loup et d’autres grands prédateurs, ce qui, en bien des endroits, rend les conséquences supportables pour l’agriculture ; les loups ont colonisé la plupart des habitats propices et se nourrissent principalement de gibier ; à cause du loup, les effectifs d’ongulés diminuent et se stabilisent à un niveau moins élevé. Mesures : soutien par les pouvoirs publics et des tiers des formes d’élevage adaptées, tir de certains loups causant des dommages importants, régulation des populations de loups pour que leur densité demeure tolérable pour la société dans les secteurs où la protection des troupeaux ne suffit à empêcher ni les dégâts causés aux animaux de rente, ni les pertes sévères causées dans l’utilisation des régales cantonales de la chasse. Ces prochaines années, le cadre légal devra être réexaminé afin de répondre aux besoins spécifiques de cette phase.
Au début de l’été 2012, le premier cas de reproduction en meute a été observé dans le massif grison du Calanda, à la frontière de l’Oberland Saint-Gallois. De nouvelles naissances ont été constatées dans cette meute en 2013 et on peut aujourd’hui s’attendre à ce que les jeunes, partant explorer le territoire suisse, forment à leur tour de nouvelles meutes. On peut également supposer que des loups en provenance des Balkans, d’Allemagne ou de Pologne et pas seulement de France et d’Italie viendront s’établir en Suisse au cours des prochaines années. En résumé : la transition de la phase 1 à la phase 2 étant terminée, la Suisse a débuté la transition vers la phase 3.