Rapport explicatif
Consultation 2021/39: Loi fédérale sur l’augmentation des déductions fiscales pour les primes de l’assurance obligatoire des soins et les primes d’assurance-accidents · 19 pages
Fedlex · Rapport explicatif · Page 15Fedlex · Rapport explicatif
Le projet, dont on estime qu’il allège la charge des ménages privés de quelque 290 millions de francs par an, transfère de ce fait ces ressources du secteur public au secteur privé. Il renforce donc la consommation privée, dans la mesure où les ménages privés dépensent leur supplément de revenu disponible, et l’épargne privée, pour autant que le revenu disponible supplémentaire soit épargné. En contrepartie, les recettes du secteur public diminueront à concurrence du même montant dans un premier temps. Cette situation se traduira soit par l’augmentation de la dette publique ou le ralentissement du désendettement public, soit par une faible consommation
publique ou une baisse des investissements publics. L’épargne publique ou les dépenses
publiques se réduiront en conséquence. Dans un deuxième temps, la consommation privée
supplémentaire accroîtra les recettes de la taxe sur la valeur ajoutée, tandis que l’épargne et les rendements de la fortune privés accrus généreront des recettes fiscales plus importantes, tant pour l’impôt sur le revenu que pour l’impôt sur la fortune. Par conséquent, ces effets de second tour amenuiseront quelque peu les effets de premier tour.
3.3.3 Conséquences pour le marché de l’assurance-maladie
L’augmentation des déductions peut créer une incitation à réduire la franchise, à tout le moins pour les assurés qui ont choisi un modèle d’assurance avantageux et sont domiciliés dans un canton où les primes d’assurance-maladie obligatoire sont inférieures à la moyenne (voir Tableau 2, qui dresse un aperçu des primes les plus faibles de l’assurance-maladie obligatoire pour les chefslieux des différents cantons).
3.3.4 Conséquences pour le marché du travail
Du fait que, par la présente réforme, l’effet sur le revenu22 réduit l’offre de main-d’œuvre tandis que l’effet de substitution23 ne l’accroît que pour une partie des contribuables, ces deux effets devraient largement se neutraliser réciproquement, de sorte que l’augmentation des déductions ne devrait guère avoir d’influence significative sur l’offre de main-d’œuvre.
3.3.5 Effet de distribution
La Figure 1 ventile l’allègement fiscal dû à la réforme sur 10 déciles de revenus imposables des cas normaux de contribuables, selon la statistique relative à l’impôt fédéral direct 2017. (Les 4 609 265 cas normaux de la période fiscale 2017 sont les contribuables dont le revenu
déterminant pour le taux correspond au revenu imposable.) Les déciles répartissent les cas
normaux en dix groupes comptant chacun 10 % des cas normaux de personnes assujetties. Les déciles classent les contribuables selon leur niveau de revenu imposable. Le 1erdécile regroupe les 10 % de cas normaux de contribuables dont le revenu imposable est le plus bas, soit
3000 francs et moins. Le revenu imposable augmente avec le numéro du décile, de sorte que le 10edécile comprend les 10 % des cas normaux de contribuables présentant les revenus
imposables les plus élevés (109 300 francs et plus).
Quant aux 535 832 cas spéciaux de contribuables (état 2017), leur revenu imposable diffère de leur revenu déterminant le taux. Il s’agit d’une catégorie hétérogène que la statistique relative à l’impôt fédéral direct ne décrit pas plus précisément. Cette catégorie contient notamment des contribuables qui possèdent des biens immobiliers à l’étranger, des contribuables assujettis en Suisse pendant une période inférieure à un an (p. ex. en raison d’une arrivée de l’étranger ou d’un départ à l’étranger ou en raison du décès du contribuable), mais aussi des personnes assujetties
22 L’effet sur le revenu résulte de l’augmentation du revenu disponible dû à la baisse de l’impôt. Un ménage doit donc travailler moins pour disposer du même revenu qu’avant la baisse de l’impôt, ce qui fait diminuer l’offre de main-d’œuvre. L’effet sur le revenu s’applique à tous les ménages comptant des personnes exerçant une activité lucrative et bénéficiant d’un allègement fiscal.
23 L’effet de substitution résulte de l’augmentation du salaire réel découlant de la baisse de l’impôt, laquelle augmente les coûts d’opportunité du temps libre. En d’autres termes: la renonciation à un travail rémunéré devient plus onéreuse, car le salaire auquel on a renoncé augmente. Par la suite, les personnes concernées veulent réduire leur temps libre et le temps consacré à la production du ménage et augmenter leur activité rémunérée, ce qui fait augmenter l’offre de main-d’œuvre.