Rapport explicatif

Consultation 2014/88: Iv.pa. 10.431 «Coma éthylique. Aux personnes en cause de payer les frais des séjours hospitaliers et en cellule de dégrisement!» · 20 pages

Fedlex · Rapport explicatif · Page 6Fedlex · Rapport explicatif

par mois et 2 % une fois par semaine (contre respectivement 5 % et 1 % des femmes). Ces comportements d’ivresse ponctuelle sont répandus surtout chez les adolescents et les jeunes adultes : 7 % des jeunes hommes entre 15 et 24 ans s’enivrent chaque semaine et 28 % chaque mois12.

En plus de ses conséquences sur la santé et la société, l’ivresse ponctuelle occasionne des coûts pour l’assurance obligatoire des soins (AOS) lorsque des personnes doivent recevoir des soins médicaux en raison de leur consommation excessive d’alcool. Puisque ces coûts sont actuellement pris en charge par la communauté des assurés, ce comportement met à l’épreuve le principe de l’assurance sur lequel repose l’AOS et la solidarité entre les assurés.

2.2.3 Situation dans les hôpitaux

Tandis que le Monitorage suisse des addictions et l’enquête HBSC fournissent des informations sur les évolutions actuelles de la consommation excessive d’alcool, la statistique médicale des hôpitaux13 permet de connaître le nombre de personnes qui ont dû être traitées dans un hôpital suisse en raison d’une intoxication alcoolique.

Cette statistique a été analysée dans le cadre d’une étude d’Addiction Suisse datée de mars 201314. Il en résulte qu’environ 1200 adolescents et jeunes adultes âgés de 10 à 23 ans ont été hospitalisés en Suisse en 2010 pour cause d’intoxication alcoolique. Au total, 27 000 personnes ont été traitées dans un hôpital en 2010 pour des diagnostics liés à l’alcool ; 314 d’entre elles étaient âgées de 10 à 15 ans. En 2010, 34 adolescents et jeunes adultes (de 10 à 23 ans) ont été hospitalisés en moyenne par semaine en Suisse pour des diagnostics liés à l’alcool15.

L’étude montre également que les hospitalisations pour cause d’intoxication alcoolique des jeunes âgés de 10 à 23 ans ont augmenté de 73 % en 2010 par rapport à leur niveau de 2003. Malgré une légère baisse en 2009 et 2010, où elles retrouvent leur niveau de 2007, les valeurs restent dans l’ensemble alarmantes, estime l’étude. Outre une perte de mémoire et des nausées sévères, les symptômes d’intoxication peuvent en effet aller jusqu’aux troubles vasculaires et au coma. S’y ajoute une augmentation significative du risque d’accidents, de lésions corporelles et de comportements agressifs.

12 Enquête suisse sur la santé 2012, vue d’ensemble, OFS, Neuchâtel, 2013, p. 20 s. (Consommation d’alcool). Il faut noter que cette enquête utilise une définition de l’ivresse ponctuelle légèrement différente de celle du Monitorage suisse des addictions. L’ivresse ponctuelle y est définie comme la consommation d’au moins six verres d’une boisson alcoolisée standard en une seule occasion, indifféremment du sexe.

13 La statistique médicale des hôpitaux recense chaque année les données des hospitalisations effectuées en Suisse. Le relevé est effectué par chaque clinique et hôpital. L’OFS collecte les informations socio-démographiques des patients telles que l’âge, le sexe et la région de domicile, les données administratives comme le type d’assurance et le lieu de séjour avant l’admission, et les informations médicales constituées des diagnostics posés et des traitements effectués. (www.bfs.admin.ch)

14 Wicki, M. (2013): Hospitalisierungen aufgrund von Alkohol-Intoxikation oder Alkoholabhängigkeit bei Jugendlichen und Erwachsenen – Eine Analyse der Schweizersichen „Medizinischen Statistik der Krankenhäuser“ 2001-2010 (Forschungsbericht Nr. 62). Lausanne : Addiction Suisse (résumé en français).

15 Ibid., p. XVII (Résumé)