Rapport explicatif
Consultation 2010/81: Révision partielle du Code des obligations (intérêt moratoire) · 20 pages
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les pratiques de paiement des entreprises. Elle se fonde sur une évaluation de données économiques et sociales recensées à cet effet par les Etats membres ; ont été contactés notamment des services et institutions publics, des organisations professionnelles
(notamment des avocats et des sociétés de recouvrement) et 37 500 entreprises.
L’étude aboutit à la conclusion suivante51: après la mise en œuvre intégrale de la directive dans tous les Etats en 2002, les retards de paiement ont diminué, mais ils n’ont pas pour autant été éliminés52. Il faut donc bien admettre que les dispositions de la directive relatives aux intérêts de retard sont adaptées et utiles mais n’ont pas un effet suffisamment dissuasif pour être totalement efficaces53. L’étude conclut qu’il faudrait pénaliser davantage les mauvais payeurs pour lutter plus efficacement contre les retards de paiement. Elle
recommande donc de définir une somme minimum, à titre de réparation du dommage,
exigible dès le premier jour où le retard est constaté, et d’y ajouter un taux quotidien
composé54.
Il s’est avéré en outre que de nombreuses entreprises et notamment les PME ne réclament pas d’intérêt moratoire à leurs partenaires commerciaux, même si elles sont en droit de le faire55. D’une part, elles ne veulent pas fâcher leurs clients ; d’autre part, certaines
dispositions importantes de la directive sont manifestement difficiles à comprendre et malaisées à appliquer. Enfin, nombre d’entreprises semblent être réticentes à supporter les charges administratives qu’entraînerait la réclamation au regard de la faible somme que représente l’intérêt moratoire.
2.4.5 Travaux de révision en cours
Les retards de paiement dans les transactions commerciales restent un sujet de
préoccupation majeur pour l’UE56. Selon les dernières estimations de la Commission européenne, le volume des impayés se monte à presque 1,9 billion d’euros, dont 1,1 billion de dettes envers des PME. Le fait que le PIB de l’UE atteigne au total environ 11,3 billions d’euros donne la mesure du problème57.
La Commission européenne a donc adopté une refonte de la directive 2000/35/CE le 18 mars 2009. Tout en qualifiant les mesures prévues par la directive d’origine de piliers essentiels du cadre réglementaire de la lutte contre les retards de paiement, elle a créé d’autres instruments et entièrement revu la directive. Le nouveau texte soumet les
administrations publiques aux mêmes délais de paiement que les entreprises. Elles devront en outre verser un dédommagement forfaitaire égal à 5 % de la somme due, s’ajoutant à l’intérêt moratoire et aux frais de recouvrement, et exigible dès le premier jour de retard58. Pour ce qui est des frais de recouvrement, le projet prévoit des sommes forfaitaires exigibles sans qu’un rappel soit nécessaire et dépendantes du montant de la dette : 40 EUR pour une
51 Etude sur l’efficacité, 187 ss.
52 Etude sur l’efficacité, 239.
53 Etude sur l’efficacité, 258.
54 Etude sur l’efficacité, 261 s.
55 Impact assessment, 12.
56 Impact assessment, 7; proposition de directive du Parlement européen et du Conseil concernant la lutte contre le retard de paiement dans les transactions commerciales (refonte), Exposé des motifs, 3.
57 La Commission indique cependant que cette estimation donne une idée disproportionnée de l’étendue du problème dans la mesure où elle inclut indifféremment tous les paiements en demeure, même lorsque le retard est d’un jour seulement.
58 Art. 5.