Rapport explicatif

Consultation 2016/44: Arrêté fédéral concernant l'inscription du secret bancaire dans la Constitution (Contre-projet à l'initiative populaire «Oui à la protection de la sphère privée») · 17 pages

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d’action des autorités fiscales seraient trop fortement limités au moment de la taxation, ce qui ne faciliterait pas la lutte contre la soustraction d’impôt. Une minorité a en revanche approuvé l’initiative, souhaitant protéger la sphère privée financière en Suisse. Craignant que l’échange automatique de renseignements ne soit aussi introduit au niveau national, elle a salué le fait que des dispositions visant à protéger la sphère privée financière, telles qu’elles existent au niveau de la loi, soient introduites dans la Constitution. Au final, la commission a proposé, par 13 voix contre 9 et 2 abstentions, de recommander au peuple et aux cantons de rejeter l’initiative24. En raison d’un programme trop chargé, le Conseil national n’a pas pu examiner l’initiative populaire dans le cadre de la session d’hiver 2015.

A sa séance du 18 janvier 2016, la CER-N a décidé, par 17 voix contre 7, de réexaminer l’initiative, approuvant une proposition d’un membre de la commission visant à présenter un contre-projet direct à l’initiative.

Le 18 avril 2016, la commission est entrée en matière, par 18 voix contre 7, sur le contre-projet direct. Elle en a entamé la discussion par article le même jour, pour l’achever le 19 mai 2016. Au vote sur l’ensemble, le contre-projet a été approuvé par 17 voix contre 8. Concernant la recommandation de vote, la commission propose, par 11 voix contre 3 et 9 abstentions, de recommander au peuple et aux cantons de rejeter l’initiative populaire et d’accepter le contre-projet direct. Une minorité (Matter, Bigler, Lüscher) soutient l’initiative, mais ne peut proposer, en vertu de l’art. 102 de la loi sur le Parlement, que de recommander d’accepter à la fois l’initiative et le contre-projet et de donner la préférence au contre-projet dans la question subsidiaire. Une partie de la commission n’approuve ni l’initiative ni le contre-projet, raison pour laquelle elle s’est abstenue sur la question de la recommandation de vote. La CER-N a par ailleurs décidé de lancer une procédure de consultation conformément à l’art. 3 de la loi sur la consultation25.

La commission a l’intention de prendre connaissance des résultats de la consultation à sa séance des 14 et 15 novembre 2016 afin de pouvoir soumettre ses propositions au Conseil national pour la session d’hiver 2016. Si le Conseil national approuve le contre-projet direct durant la session d’hiver, la commission pourra proposer de prolonger d’une année le délai de traitement de l’initiative populaire conformément à l’art. 105 LParl. Cette prolongation de délai devra toutefois être acceptée par les deux conseils.

2 Grandes lignes du projet

2.1 Nécessité d’élaborer un contre-projet direct

2.1.1 Proposition de la majorité

La majorité propose d’entrer en matière sur le contre-projet direct. Elle partage les objectifs fondamentaux visés par l’initiative, à savoir essentiellement garantir une meilleure protection de la sphère privée financière et s’opposer à l’introduction de l’échange automatique d’informations en matière fiscale au niveau interne. C’est pourquoi elle veut, à l’instar l’initiative populaire, d’une part, inscrire dans la

24Communiqué de presse de la CER-N du 13.10.2015 < https://www.parlament.ch/pressreleases/Pages/2015/mm-wak-n-2015-10-13.aspx >

25 RS 172.061