Redevances routières - état des lieux
Consultation 2012/90: Modification de la loi fédérale sur le transit routier dans la région alpine · 20 pages
Fedlex · Rapport explicatif · Page 8Fedlex · Rapport explicatif
L474-0978
A l’étranger, la redevance routière porte différents noms, parmi lesquels Maut ou péage. Les méthodes de calcul varient et se basent souvent sur la période d’utilisation (vignette autoroutière suisse, Pickerl autrichien, etc.), le nombre de kilomètres parcourus ou l’utilisation d’un tronçon donné (passage du Grand-Saint-Bernard17, péage en France ou en Italie, etc.) ou encore l’accès à un périmètre ou le déplacement à l’intérieur de ce périmètre (Electronic road pricing à Singapour, Congestion charge à Londres et Congestion tax à Stockholm). La catégorie de véhicule ou sa classe d’émissions font parfois partie des critères du calcul, comme dans le cas de la RPLP.
3.3. Conditions légales applicables aux redevances routières
A son art. 82, al. 3, la Constitution dispose comme suit :
L’utilisation des routes publiques est exempte de taxe. L’Assemblée fédérale peut autoriser des
exceptions.
La formulation indique clairement qu’en principe, le constituant ne veut pas soumettre l’utilisation des routes publiques suisses à une redevance. Cette disposition s’inscrit dans le contexte du 19e siècle où de nombreux péages entravaient le commerce et l’économie. Le libre passage représentait à l’époque une condition préalable essentielle au développement d’une Suisse fédérale.
Même en l’absence de redevances routières proprement dites, les usagers de la route financent une grande partie de l’infrastructure routière suisse par le biais des contributions ou impôts affectés. En 2009, le compte routier18 faisait ressortir des recettes de 8,4 milliards de francs et des dépenses imputables de 7,1 milliards, dégageant ainsi un excédent de 1,3 milliard. Les dépenses imputables à l’infrastructure et à l’exploitation routières sont couvertes à 118 %19 par les recettes de la circulation automobile. Les coûts externes du trafic routier, exclus de ce compte, sont inclus dans celui des transports20 qui indique une couverture des coûts routiers d’environ 90 %.
3.3.1. Compétence de l’Assemblée fédérale pour autoriser des exceptions (redevances d’ouvrage)
Même si, en principe, les routes publiques sont exemptes de taxes, l’art. 82, al. 3, Cst. confère à l’Assemblée fédérale la compétence d’autoriser des exceptions. Cette compétence se limite toutefois à la perception de redevances portant sur quelques ouvrages (isolés) tels des ponts ou des tunnels21, raison pour laquelle on parle de redevances d’ouvrage. L’article constitutionnel précité permettrait ainsi la perception d’une redevance sur le tunnel routier du Gothard.
Nonobstant cette compétence de l’Assemblée fédérale, le principe fondamental de l’utilisation gratuite des routes a été appliqué de manière cohérente et rigoureuse. L’Assemblée fédérale n’a autorisé qu’une exception : le tunnel routier sous le Grand-Saint-Bernard, à la frontière italienne.
De plus, il y a toujours eu et il y aura toujours des routes pour l’usage desquelles les propriétaires imposent une taxe aux usagers, ce qui n’est en principe pas autorisé par la loi. Certaines taxes ont pu être supprimées par décision judiciaire, comme sur la route du col du Chasseral, d’autres sont tacitement tolérées.
17 Pour une voiture de tourisme, l’aller simple coûte 29,20 francs ; pour un poids lourd, il varie entre 80,50 et 177 francs (état : novembre 2012). 18 Comparaison des recettes imputables que le secteur public (Confédération. cantons et communes) tire du trafic des véhicules à moteur et des frais engendrés par ce trafic, cf. loi fédérale du 22 mars 1985 concernant l’utilisation de l’impôt sur les huiles minérales à affectation obligatoire et de la redevance autoroutière (art. 36, al. 1, LUMin [RS 725.116.2]). 19 Office fédéral de la statistique (OFS) : comptes routiers 2009, 2011 20 OFS : comptes des transports 2005, 2009 21 Cf. Office fédéral du développement territorial (ARE) : Introduction d’un péage routier – Rapport du Conseil fédéral sur la possibilité d’introduire un péage routier en Suisse, donnant suite au postulat 04.3619 déposé le 16.11.2004 par la CTT – Conseil national, en particulier les ch. 3.1.2.2 et 9 ainsi que l’annexe 2.