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Consultation 2020/66: Stratégie pour le développement durable 2030 · 38 pages
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4.2.3 Conserver, utiliser de manière durable, favoriser et restaurer la diversité biologique51
Au cours des dernières décennies, l’état de la diversité biologique s’est clairement dégradé dans le monde comme en Suisse52. Environ le tiers des espèces présentes dans notre pays53 et près de la moitié des milieux naturels54 sont menacés. Garantir l’espace requis pour la biodiversité – sur le plan quantitatif et qualitatif, en veillant à la mise en réseau des habitats et à leur distribution spatiale – s’avère crucial pour préserver, favoriser et restaurer les écosystèmes et la diversité biologique. Cela permet à l’économie et à la société d’utiliser les services écosystémiques et les paysages de manière durable. Dans ce contexte, la résilience constitue un service important fourni par les écosystèmes. Ainsi, une grande partie des épidémies apparues ces dernières années dans le monde proviennent de zoonoses qui ont été favorisées par l’impact de l’homme sur la biodiversité, en particulier par la destruction, la surexploitation et la pollution des écosystèmes.
Le défi consiste à coordonner le développement des milieux bâtis et des infrastructures, les apports d’azote, de métaux lourds, de microplastiques et de médicaments (antibiotiques, par exemple) et l’emploi de produits phytosanitaires – ainsi que les conséquences des changements climatiques – avec le renforcement et l’utilisation durable des sols, des eaux, de la biodiversité et du paysage. Tous les actrices et acteurs sont également invités à agir en faveur de la biodiversité et à utiliser les
synergies en faveur de la nature et du paysage.
La protection, la conservation et la promotion de la biodiversité peuvent induire des conflits d’intérêts avec d’autres activités (agriculture ou urbanisation, par exemple).
Objectifs
- L’état de préservation des populations des espèces prioritaires au niveau national s’améliore et leur extinction est combattue. La diversité génétique est conservée.55 (15.5)
- La diversité biologique et les services écosystémiques sont restaurés, leur utilisation durable et adaptée au site est favorisée. L’homme et l’environnement ne sont pas menacés par des espèces exotiques envahissantes. La propagation de ces dernières est endiguée et les nouvelles importations sont évitées.56 (15.8)
- Les effets négatifs sur la biodiversité et la qualité du paysage des incitations financières existantes sont mis en évidence et, autant que possible, évités. Lorsque cela s’avère
judicieux, de nouvelles incitations positives sont créées.57 (15a)
- Afin de préserver sur le long terme l’espace nécessaire à la conservation de la biodiversité, au moins 17 %58 du territoire national sont sauvegardés par des systèmes d’aires protégées efficaces, bien entretenus, représentatifs sur le plan écologique et bien reliés entre eux, ainsi que par d’autres mesures de conservation efficaces portant sur des surfaces précises ; ils sont par ailleurs bien intégrés dans le paysage environnant. L’infrastructure écologique est renforcée. L’état des milieux prioritaires au niveau national s’améliore. (15.1)
- L’état naturel d’une partie des eaux dont les rives sont fortement bâties est rétabli autant que possible. Un territoire suffisant à n’exploiter que de façon extensive à titre de surface
favorisant la biodiversité est délimité pour toutes les eaux. Les impacts négatifs de l’utilisation de la force hydraulique sur les eaux (régime d’éclusées, charriage, migration des poissons) sont éliminés autant que possible jusqu’en 2040.59 (6.6)
- Les fonctions du sol sont garanties sur le long terme. L’utilisation des sols n’entraîne pas d’atteintes physiques, chimiques ou biologiques qui pourraient affecter durablement leurs fonctions et donc leur fertilité. Les sols dégradés sont restaurés et valorisés afin qu’ils
puissent à nouveau remplir les fonctions typiques pour leur station. À partir de 2050, le sol n’enregistre plus de perte nette.60 (15.3)