Rapport explicatif

Consultation 2006/39: Ratification de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel · 24 pages

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Ratification de la Convention de l’UNESCO de 2003: Rapport explicatif

d’approfondir au plan national les enseignements et les expériences en matière de préservation du patrimoine culturel immatériel.8

Parmi les 150 candidatures soumises à une évaluation préliminaire par des organisations non gouvernementales, 90 ont été retenues par un jury international réuni lors de trois sessions en 2001, 2003 et 2005 et déclarées des « chefs-d’œuvre ». Il suffit de consulter la liste pour qu’apparaisse le caractère particulièrement étendu de la répartition géographique. Les « chefs d’oeuvre » sont empruntés à pas moins de soixante-dix pays et régions : 14 d’Afrique, 8 des Etats arabes, 30 de la région Asie-Pacifique, 21 d’Europe et 17 d’Amérique latine et des Caraïbes.

Malgré quelques problèmes d’ordre conceptuel ou pratique, le programme « Proclamation des chefs-d’oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité » fut considéré comme un succès quant à sa mise en œuvre. Il prit valeur de référence lors de l’élaboration de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Un des enseignements tirés de ce programme est que la notion de patrimoine culturel ne doit pas se laisser enfermer dans une définition étroite si l’on veut prendre en compte toute sa diversité.

1.2 Naissance de la Convention

Le succès du programme « Proclamation des chefs-d’oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité » a donné une impulsion à l’élaboration de la Convention sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Les bouleversements géopolitiques intervenus depuis la fin des années 1980, l’extension de l’économie de marché, les possibilités ouvertes par la reproduction numérique, et le développement frénétique des technologies de la communication ont suscité un besoin accru de mesures efficaces pour sauvegarder le patrimoine culturel immatériel. La recommandation de l’UNESCO de 1989 s’avéra insuffisante ; un instrument juridique contraignant devenait nécessaire.

L’évaluation de la Recommandation de l’UNESCO de 1989

L’élaboration de la Convention a commencé en 1999 quand l’UNESCO procéda à une évaluation globale de la Recommandation de l’UNESCO de 1989. Les conclusions suivantes se dégagèrent :9

• Les normes douces (soft law) de la Recommandation de 1989 n’ont pas été appliquées à

l’échelon national comme escompté. Ainsi, au début des années 1990, seuls six Etats avaient répondu à une enquête de l’UNESCO concernant l’application au plan national de la Recommandation de 1989.

• Les mesures de sauvegarde doivent faire partie d’une approche intégrée. En plus du « fol-

klore », les savoirs traditionnels ainsi que les éléments culturels matériels et naturels devraient être davantage pris en compte.

• L’approche top-down de la Recommandation de 1989 donnait une importance exagérée à la

documentation et à l’archivage, au détriment de la pratique dynamique de la transmission et des détenteurs du patrimoine culturel immatériel.

8 Chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité: proclamations 2001, 2003 et 2005, Paris: UNESCO 2006.

9 Cf. Peter Seitel (ed.), Safeguarding Traditional Cultures: a global assessment of the 1989 UNESCO Recommendation on the Safeguarding of Traditional Culture and Folklore, edited and webbed by Peter Seitel, Washington DC 2001: Smithsonian Institution, Center for Folklife and Cultural Heritage (www.folklife.si.edu/resources/Unesco/index.htm).