Rapport explicatif
Consultation 2014/122: Contre-projet direct à l'initiative populaire «Pour la sécurité alimentaire» · 24 pages
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monde, ce qui signifie que l’alimentation de ces personnes ne couvre pas leurs besoins en énergie. Au cours des 20 dernières années, le nombre des personnes sousalimentées a diminué de 200 millions d’individus. La production alimentaire par habitant est actuellement suffisante pour nourrir toute la planète. Le fait qu’un nombre aussi élevé de personnes souffrent de sous-alimentation s’explique en premier lieu par la répartition inégale des denrées alimentaires et par des difficultés d’accès à la nourriture à un prix abordable. Ce dernier aspect du problème présente une fois de plus un caractère le plus souvent économique, puisque c’est faute d’un pouvoir d’achat suffisant que ces personnes ne peuvent se procurer une nourriture suffisante. Les plus touchés appartiennent aux couches pauvres de la population des centres urbains, mais aussi aux populations rurales qui, pour une large part, vivent encore dans une économie de subsistance.
Dimension nationale
La sécurité alimentaire de la Suisse est garantie pour le moment : les denrées alimentaires sont disponibles en quantités suffisantes, d’une très grande qualité sanitaire et le pouvoir d’achat du consommateur est assez élevé. Preuve en est le fait que les ménages suisses ne consacrent en moyenne que 9 % de leur revenu disponible à l’alimentation.18 Par ailleurs, on estime qu’un tiers des denrées alimentaires produites est jeté, un gaspillage imputable pour moitié aux consommateurs.19 Les individus souffrant d’un excédent de poids représentent près de 40 % de la population suisse, soit un tiers de plus qu’il y a vingt ans, un phénomène causé tant par la suralimentation que par une trop grande sédentarité.
Sur le plan de la disponibilité, il faut noter que la Suisse est une importatrice nette de produits alimentaires. Au cours des cent dernières années, la part de la production indigène dans les calories consommées globalement a oscillé entre 50 et 70 % 20 et se situe actuellement aux alentours de 60 %. L’approvisionnement de la Suisse repose donc principalement sur la production indigène, en complément de laquelle les importations permettent d’assurer un approvisionnement suffisant et équilibré de la population. Le fait que la Suisse importe environ 40 % de ses denrées alimentaires ne signifie pas que la production agricole soit particulièrement extensive. Par comparaison avec les autres pays, les rendements sont même relativement élevés, grâce aux conditions que le pays offre à l’agriculture, comme la richesse des sols, l’abondance des précipitations et la disponibilité des moyens de production. La forte proportion des importations s’explique surtout par la densité de la population, c’està-dire par la faible étendue des terres utilisables par l’agriculture par rapport au nombre d’habitants. La Suisse possède seulement 500 mètres carrés de terres agricoles par habitant, soit seulement un quart de ce dont disposent en moyenne internationale les autres pays. En outre, deux tiers de ces surfaces ne peuvent recevoir que des cultures herbagères, pour des raisons topographiques ou climatiques.
3.3 Les défis à relever
Dimension internationale
Il faut s’attendre à un fort accroissement de la demande dû à la poursuite de l’expansion démographique, avec une population estimée à 9,6 milliards d’individus à l’horizon 2050, et à la prospérité croissante, en particulier dans les pays émergents,
17 FAO (2014) : L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2014
18 Office fédéral de la statistique (2014) : Enquête sur le budget des ménages 2012
19 Office fédéral de l’agriculture (2012) : Rapport agricole 2012, p. 90 à 91
20 Cf. Avis du Conseil fédéral sur la motion Schibli (06.3880)