Rapport sur les résultats
Consultation 2021/103: Scénario-cadre 2030/2040 pour la planification du réseau électrique · 36 pages
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Numéro du dossier: BFE-471.3-20/10/11
Si la FER soutient sur le principe le développement de scénarios afin de développer les réseaux
électriques, elle regrette vivement l’absence d’accord sur l’électricité entre la Suisse et l’UE. Même si le rapport explicatif mentionne que l’absence d’accord sur l’électricité ne constitue pas en soi une option pour le secteur de l’énergie, le fait qu’aucun accord sur l’électricité n’ait été signé avec l’UE se
répercute clairement sur l’ensemble des scénarios précités. Comme relevé dans ce rapport explicatif (p. 30), «pour l’essentiel, un accord sur l’électricité entre la Suisse et l’UE comporterait la reprise des acquis européens et réglerait l’accès aux plateformes de marché européennes ainsi que le couplage des marchés y relatif».
En d’autres termes, l’absence d’accord sur l’électricité entre la Suisse et l’UE aura un impact négatif sur l’exploitation des systèmes des réseaux électriques, sur les capacités d’importation et sur
l’économie d’une manière générale. Le Conseil fédéral a d’ailleurs déjà mis en garde les entreprises et la population par rapport à un blackout possible en matière énergétique dans les années à venir, en particulier durant les mois d’hiver. Dans ce contexte particulier, La FER relève effectivement la
nécessité d’anticiper et de prévoir des scénarios réalistes, qui permettent d’assurer la continuité
énergétique de la Suisse et des activités économiques. Il est donc fondamental de trouver des
solutions pour préserver la stabilité du réseau électrique suisse, même si les importations d’énergie diminuent fortement.
La FER est, sur le principe, favorable au développement des énergies renouvelables. Toutefois, elle se pose la question de savoir si la forte progression prévue de celles-ci est vraiment réaliste dans les différents scénarios. Selon les chiffres sur l’électricité produite en Suisse, elle provient en majorité de la force hydraulique et du nucléaire, les nouvelles énergies renouvelables (solaire, éolienne, biomasse et petite hydraulique) ne représentant que 7% du total. Quant à la consommation de ces nouvelles
énergies renouvelables, leur part passe de 8,4 à 10,3% en 2020. L’énergie consommée provient en majorité des centrales hydroélectriques et du nucléaire. Dans ce contexte, le fossé à couvrir par les nouvelles énergies renouvelables est gigantesque et leur progression reste pour le moment modeste.
L’utilisation de l’énergie photovoltaïque augmente en Suisse. Néanmoins, sur un territoire exigu
comme le nôtre, il sera difficilement envisageable de développer à large échelle cette énergie, sachant que le photovoltaïque occupe passablement d’espace au regard de l’énergie produite. Quant à
l’énergie éolienne, les chiffres évoqués dans le rapport sont franchement très élevés si l’on compare cela avec les réalisations concrètes. La mission va s’avérer compliquée compte tenu des
emplacements qui peuvent être véritablement dédiés à ce type d’énergie, et des oppositions
relativement courantes contre les éoliennes. Quant à la géothermie, il n’existe à l’heure actuelle en Suisse aucune centrale géothermique produisant de l’électricité. Par ailleurs, cette technologie a suscité pour l’instant passablement d’oppositions. Il sera donc difficile de miser sur le développement de cette technologie à large échelle en Suisse.
Le véritable défi sera ainsi de remplacer l’utilisation de l’énergie nucléaire par des énergies
renouvelables. En l’état, et compte tenu des remarques précitées, la FER plaide pour l’exploitation des centrales nucléaires jusqu’au maximum de la durée prévue par la loi pour autant que les normes de sécurité soient adéquates. Elle n’est pas opposée non plus au développement de centrales thermiques à gaz évoqué par le scénario 3, en particulier si le développement des énergies renouvelables n’est pas suffisamment rapide.
S’agissant du stockage d’électricité, le scénario-cadre montre l’évolution à la hausse de la puissance et des capacités de stockage grâce aux accumulateurs décentralisés et aux centrales à pompage-
turbinage. Sur ce point, la FER relève toute l’importance de développer des projets en relation avec le stockage de l’énergie. Toutes les innovations doivent être considérées avec la plus grande attention car la sécurité d’approvisionnement en dépend, en particulier durant les mois d’hiver. Il est à noter que si l’intention du Conseil fédéral est d’atteindre zéro émission nette en 2050, certaines technologies,
comme les accumulateurs décentralisés, devront être reconsidérées, car la chaîne de production est loin d’être décarbonée. Cette situation va ajouter des difficultés supplémentaires, alors que la
sécurité d’approvisionnement électrique devient urgente. 26/36
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