Rapport explicatif
Consultation 2018/34: Arrêté de planification pour le renouvellement des moyens pour la protection de l'espace aérien · 26 pages
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Existe-t-il une alternative aux avions de combat ?
La gamme des tâches susmentionnées ne peut être couverte que par des avions de combat.
La défense sol-air fournit une contribution importante à la défense aérienne. Elle permet d’assurer une protection permanente, tandis que les avions de combat constituent l’élément dynamique permettant de fixer des priorités avec souplesse et rapidité. La défense sol-air ne peut cependant être engagée que pour abattre des objets volants, et non pour les identifier, les avertir, les refouler ou les obliger à se poser. En situation normale (service de police aérienne), elle ne constitue pas une alternative, et même en situation de tension, il peut être judicieux de refouler tout intrus avec des avions de combat plutôt que de les abattre avec la défense sol-air.
Les drones sont très utiles pour la reconnaissance parce qu’ils peuvent rester en vol très longtemps. Ils ne sont par contre pas adaptés au service de police aérienne ou à la défense contre des avions de combat. Dans le domaine de la police aérienne en particulier, il est important qu’un pilote soit sur place pour prendre les décisions qu’impose la situation. S’ajoute à cela le fait que les drones volent généralement à une altitude plus basse et plus lentement que les avions de ligne, sans aller jusqu’à parler des avions de combat.
Des hélicoptères de combat permettraient d’appuyer les troupes terrestres, mais ils ne peuvent pas être utilisés pour le service de police aérienne ou pour la défense aérienne. Ils sont en effet trop lents, ne volent pas suffisamment haut et ne possèdent pas de radar air-air pour la reconnaissance d’objets volants. De plus, ils sont très vulnérables en cas de tirs provenant du sol.
Le recours à des avions d’entraînement armés est également exclu du fait de leur vitesse et de leur plafond opérationnel insuffisants.
Les avions d’occasion (seconde main) ne sont pas non plus une alternative judicieuse parce qu’aucun F/A-18 C/D n’est proposé et que dans l’hypothèse où des offres de ce type existeraient, les avions devraient vraisemblablement subir des travaux très coûteux de rénovation, ce qui rendrait leur exploitation inefficiente au vu du nombre d’heures de vol qu’il leur reste à effectuer, d’autant que les F/A-18 C/D seront techniquement obsolètes dans dix ans.
Le ravitaillement en vol, en tant que moyen permettant d’assurer une présence en vol avec un nombre réduit d’avions, n’est pas une option pratique en Suisse, car les distances séparant les appareils des bases aériennes sont courtes. De plus, les avions de ravitaillement devraient être bien protégés et plusieurs avions supplémentaires seraient dès lors nécessaires.
La coopération internationale est parfois présentée comme une alternative (partielle) à l’acquisition de nouveaux avions de combat, l’argument avancé étant qu’une telle coopération permettrait de disposer d’une flotte réduite. En réalité, la coopération est d’ores et déjà une réalité. Les accords de coopération dans le domaine de la sûreté aérienne contre les menaces non militaires, conclus avec quatre États voisins, facilitent le service de police aérienne et permettent la poursuite d’un objet volant (mais pas le recours à la force dans l’espace aérien étranger). L’accord conclu avec l’Allemagne et l’OTAN sur la participation de la Suisse à l’échange de données sur la situation aérienne permettra d’établir une image adaptée de la situation aérienne une fois que les États voisins auront cessé d’exploiter des systèmes nationaux. Pour la formation des pilotes, des places d’exercice à l’étranger sont nécessaires afin de les entraîner aux vols de nuit, à basse altitude ou