Rapport explicatif

Consultation 2018/34: Arrêté de planification pour le renouvellement des moyens pour la protection de l'espace aérien · 26 pages

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de courte portée ne permettent pas de lutter contre des avions survolant illégalement la Suisse au-dessus d’une certaine altitude.

 La défense sol-air de courte portée traverse actuellement une phase d’évolution technologique rapide. Il faut considérer que, dans dix à quinze ans, de nouvelles applications de technologies modernes (p. ex. laser) permettront de lutter plus efficacement contre des cibles telles que des missiles de courte portée et des tirs d’artillerie ou de mortier. Il faut s’attendre à ce que cet essor technologique débouche sur un vaste renouvellement de ces systèmes.

Un système de défense sol-air de longue portée peut présenter une certaine aptitude à la défense contre des missiles balistiques (défense antimissile), mais il ne faut pas en attendre une protection fiable et efficace. Pour cela, il faudrait des systèmes développés spécifiquement à cet effet, dont l’efficacité n’est toutefois pas encore démontrée. La défense contre les missiles balistiques jusqu’à une portée intercontinentale dépasse les possibilités dont dispose à lui seul un État de la taille de la Suisse.

Planification des acquisitions pour les autres domaines de l’armée

Dans les années 2020, outre les moyens de protection de l’espace aérien, de nombreux autres systèmes principaux de l’armée approcheront de la fin de leur durée d’utilisation : l’artillerie, les chars de combat Leopard, tous les véhicules spéciaux du domaine du génie et de l’artillerie reposant sur le char de grenadiers de type M-113, les véhicules d’exploration 93 et l’ensemble de la flotte des chars de grenadiers à roues Piranha. Les aptitudes couvertes actuellement par ces systèmes devront vraisemblablement être maintenues à l’avenir. De nouvelles technologies et des systèmes modernes seront en partie disponibles et offriront un effet similaire, voire supérieur, avec un nombre d’unités réduit, mais à un coût par unité plus élevé. En outre, dans les années 2020, comme déjà par le passé, des camions, des voitures et des véhicules spéciaux devront être remplacés et d’autres investissements dans les systèmes de commandement et de communication seront nécessaires, notamment pour le Réseau de conduite suisse et les centres de calcul du DDPS et de la Confédération.

Le renouvellement des moyens de protection de l’espace aérien est certes une priorité, mais il ne doit pas conduire à un arrêt des acquisitions et des investissements dans les autres domaines de l’armée. Selon la planification actuelle, pendant la période où les moyens de protection de l’espace aérien seront renouvelés pour un montant allant jusqu’à huit milliards de francs (2023 à 2032), près de sept milliards de francs seront disponibles pour des acquisitions dans d’autres domaines (selon l'indice national des prix à la consommation du mois de janvier 2018). Le remplacement complet de tous les systèmes actuellement utilisés coûterait davantage, mais il ne répond pas nécessairement à un impératif militaire et de politique de sécurité. L’armée définira dès lors des priorités et devra déployer des efforts considérables pour stabiliser les coûts d’exploitation afin de permettre la réalisation des renouvellements à venir dans le domaine terrestre.

Le fait que les investissements à venir tombent pratiquement tous sur une même période d’environ dix ans est dû essentiellement à deux facteurs.

 Les moyens dont dispose l’armée ont été fortement réduits pendant deux décennies à compter de 1990. De nombreux programmes d’allègement budgétaire ou d’austérité jugés nécessaires à court terme ont en outre réduit la sécurité de la planification. Les