Rapport explicatif

Consultation 2018/34: Arrêté de planification pour le renouvellement des moyens pour la protection de l'espace aérien · 26 pages

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Une prolongation de la durée d’utilisation des canons DCA de 35 mm et des Stinger audelà de 2025 est techniquement possible, mais ces armes perdront de toute façon de leur efficacité face à des menaces modernes.

Situation en matière de politique de sécurité : besoin de protéger et de défendre l’espace aérien

La situation en matière de politique de sécurité en Europe et au-delà de ses frontières n’a jamais été aussi tendue au cours des 30 dernières années. Les relations prévalant entre les Etats occidentaux ainsi que leurs organisations (principalement l’OTAN mais aussi l’UE) et la Fédération de Russie sont au plus bas.

La Russie considère l’OTAN comme une alliance militaire agressive et expansionniste qui ne cesse de se rapprocher de ses frontières, la provoquant et faisant fi de ses intérêts. La Russie entend préserver ses zones d’influence actuelles et rétablir celles qu’elle a perdues, même contre la volonté des gouvernements des pays concernés. Pour ce faire, elle engage un nombre considérable de moyens dans une démarche concertée, notamment des forces armées opérant dans l’ombre ou au grand jour. Le succès de l’engagement de ses forces en Syrie peut l’amener à considérer le recours à des moyens militaires comme une option intéressante dans d’autres régions également. Fin février 2018, alors que la Russie modernise déjà ses forces armées depuis des années, le président russe a présenté un certain nombre de prétendues avancées technologiques dans le domaine de l’armement. L’utilisation d’armes nucléaires dans le cadre d’un conflit militaire de très grande ampleur est à nouveau à l’ordre du jour.

Dans le cas d’un conflit armé conventionnel, l’OTAN continuerait vraisemblablement à surpasser militairement la Russie. La conduite de la guerre hybride telle qu’elle est pratiquée par la Russie soulève toutefois la question de la pertinence des rapports de force purement conventionnels. Par ailleurs, les rangs de l’OTAN ne sont plus aussi serrés que par le passé. Certaines remarques du président américain ont fait naître des doutes en Europe quant à la fiabilité des Etats-Unis. Le dialogue transatlantique se focalise sur les investissements et la répartition des charges. Il est peu probable que chaque membre de l’alliance applique, d’ici à 2024 au plus tard, la directive prescrivant l’affectation de 2 % du produit intérieur brut à la défense. La Turquie s’engage militairement dans son voisinage, indépendamment de ses partenaires de l’OTAN, allant même parfois à l’encontre des intérêts des États-Unis. Pour les États européens membres de l’alliance, les engagements dans des régions éloignées revêtent moins d’importance que par le passé. La tendance est, par contre inverse en ce qui concerne la défense de leurs pays contre un adversaire usant de moyens hybrides et contre des cyberattaques.

Beaucoup de pays d’Europe occidentale renouvellent actuellement leurs moyens de protection de l’espace aérien, principalement par l’acquisition de nouveaux avions de combat, y inclut des pays comparables à la Suisse, à savoir la Belgique, le Danemark, la Finlande, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède. L’Italie et le Royaume-Uni sont également sur le point d’introduire de nouveaux avions de combat et l’Allemagne mène actuellement une réflexion sur les appareils pouvant remplacer quelque 90 Tornado.

Bon nombre de pays européens ont choisi de renforcer leur défense sol-air ou d’en créer une sur la base du constat que l’engagement combiné d’avions de combat et de moyens de défense sol-air est la combinaison la plus performante et la plus efficiente qui soit. La