Rapport explicatif
Consultation 2018/34: Arrêté de planification pour le renouvellement des moyens pour la protection de l'espace aérien · 26 pages
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le gouvernement sollicité décide que le fabricant doive soumettre directement une offre à la Suisse. Les offres de ce genre seront traitées de la même façon que les offres soumises par les gouvernements.
Exigences techniques
Le nouveau système de défense sol-air doit être de plus longue portée, c’est-à-dire avoir un plafond opérationnel supérieur à 12 000 m (distance verticale) et une distance d’engagement supérieure à 50 km (distance horizontale). Toutes les unités de feu réunies doivent couvrir un secteur d’au moins 15 000 km2. Le système doit être adapté en premier lieu au combat contre des avions de combat et des drones armés dans l’espace aérien moyen et supérieur, et en partie aussi – dans un secteur plus réduit – au combat contre des missiles de croisière et des munitions de précision. Les capteurs doivent être intégrés pour contribuer à l’établissement de la situation aérienne. Pour que les missiles de la défense sol-air et les avions de combat puissent être utilisés dans le cadre d’un réseau intégré, il est nécessaire de disposer d’applications fiables pour l’identification ami-ennemi et d’un haut degré d’interconnexion.
Les moyens actuellement utilisés (canons DCA de 35 mm, engins guidés Rapier et Stinger) servent à contrer les menaces dans l’espace aérien inférieur et en provenance de celui-ci. Ils devront être remplacés, mais seulement après l’acquisition et la mise en service d’un système de longue portée. Cet ordre de priorité a été fixé pour plusieurs raisons.
Depuis le retrait du service des BL-64 Bloodhound en 1999, une lacune subsiste dans la défense sol-air de longue portée. Les moyens disponibles, qui sont de courte ou moyenne portée, seront toutefois bientôt obsolètes, mais pour protéger des ouvrages individuels, mieux vaut encore en disposer, malgré leur âge, que de ne pas en avoir du tout (au contraire des moyens de longue portée qui font actuellement défaut). D’un point de vue technique, il devrait être possible d’utiliser les canons DCA de 35 mm et les missiles Stinger pendant quelques années au-delà de la fin de leur durée d’utilisation, laquelle est prévue en 2025, même si l’efficacité militaire de ces deux moyens recule progressivement.
Une défense sol-air de longue portée permet de couvrir efficacement de grands secteurs. Le doublement du rayon d’action multiplie par quatre la superficie couverte (et par huit l’espace tridimensionnel). Un petit nombre de positions permet de protéger la majeure partie des régions densément peuplées de Suisse. Au total, le système à acquérir doit permettre de couvrir au moins 15 000 km2.
L’utilisation d’une défense sol-air de longue portée et d’avions de combat dans un même secteur est efficace et facilite la tâche des avions de combat. La défense sol-air permet d’assurer une protection permanente ; en fonction de la situation, les avions de combat peuvent demeurer en disponibilité accrue au sol et n’être engagés qu’en cas de nécessité.
En cas de conflit, une défense sol-air de longue portée aura un effet dissuasif plus marqué sur l’adversaire qu’une défense de courte portée. En effet, les possibilités d’action de l’ennemi sont alors plus réduites ; les coûts et les risques liés à une attaque, ou ne serait-ce qu’à la violation de l’espace aérien, sont plus conséquents. Les systèmes