Rapport sur les résultats
Consultation 2023/42: Révision du Code civil suisse (Éducation sans violence) · 30 pages
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Synthèse de la consultation : modification du code civil (éducation sans violence)
4.1.3.1 Violence psychologique
5 cantons55, 1 parti56 et 20 organisations et autres entités intéressées57 sont favorables à une mention explicite de la violence psychologique dans le texte légal. Un canton58 se déclare généralement opposé à l’utilisation du terme « violence » dans le texte proposé, car il la considère comme superflue et contreproductive compte tenu du caractère programmatique de la norme. Ce canton propose ainsi d’intégrer la composante psychologique dans le texte légal à travers l’expression « blessure morale ».
Certains partisans du projet partagent l’avis du Conseil fédéral selon lequel la violence psychologique représente d’une manière générale une forme de violence difficile à mesurer et à définir59. Toujours en référence au rapport du Conseil fédéral, certains opposent en revanche à son refus d’intégrer la violence psychologique qu’il est tout à fait possible de définir et de classifier cette forme de violence dans les cas individuels en s’appuyant sur des connaissances spécialisées60. Le fait de mentionner la violence psychologique n’aurait pas pour effet d’entraîner de nouvelles difficultés d’application, dès lors que le flou prévaut
précisément dans le système actuel61. Tous ces participants sont favorables à une inscription expresse de cette forme de violence, car il s’agit de la forme de violence la plus répandue62. À l’appui de cette constatation, il est précisé que plus de deux tiers des parents ont déclaré avoir recours à la violence psychologique, et un quart la pratiquer quotidiennement63. Selon certains participants, un déplacement des méthodes d’éducation du domaine corporel au domaine psychologique est actuellement à l’œuvre64. Au vu de l’ampleur et des
conséquences de cette forme de violence, il convient de la mentionner expressément dans le texte légal65. Dans le cas contraire, on courrait le risque de voir ce type de violence se
normaliser, alors qu’il a des conséquences dramatiques à long terme sur le développement de l’enfant66. D’ailleurs, le texte de la motion (motion 19.4632 Bulliard-Marbach) exige
expressément que cette forme de violence soit mentionnée67. Le caractère programmatique de la norme, ou sa fonction de principe directeur, nécessite d’ailleurs de désigner
55 BS (p. 1), GR (p. 1), SH (pp. 1 s.), VD (p. 2), ZH (p. 2)
56 PS (p. 2)
57 AvenirSocial (p. 3), Brescianini (p. 1), CROP (p. 3), CFEJ (p. 2), COFF (p. 2), Formation des parents CH (p. 3), insieme Suisse (p. 2), NCBI Suisse (p. 4), Ombudsman des droits de l’enfant (pp. 6 s.), pédiatrie suisse (p. 2), CSAJ (p. 3), SSCH (p. 2), CSVD (p. 2), PS Argovie (p. 3), SSAV (p. 1), 3xFSAJ (p. 3), UNIGE (p. 7), UNIL (p. 2). Selon FSP (p. 2), la formulation choisie à l’al. 1 n’est pas optimale, car un nonspécialiste ne perçoit pas que les formes de violence psychologique sont également interdites. L’organisation est néanmoins d’accord avec la formulation du Conseil fédéral et ses explications pour des motifs liés à la sécurité du droit (voir le ch. 4.1.1).
58 LU (p. 2)
59 SH (pp. 1 s.), PS (p. 3), AvenirSocial (p. 3), insieme Suisse (p. 2)
60 GR (p. 1), PS (p. 3)
61 CFEJ (p. 2)
62 SH (pp. 1 s.), ZH (p. 2), insieme Suisse (p. 2), CSAJ (p. 3). Les participants qui rejettent l’inscription de la violence psychologique à l’art. 302, al. 1, AP-CC rejettent également ce point de vue.
63 PS (p. 4, avec un renvoi à la position de la CFEJ de 2019)
64 COFF (p. 2)
65 ZH (p. 2)
66 AvenirSocial (p. 3)
67 PS (p. 3)