Rapport explicatif

Consultation 2005/74: Modification de la loi fédérale sur la procédure pénale: Surveillance du Ministère public de la Confédération · 25 pages

Fedlex · Rapport explicatif · Page 24Fedlex · Rapport explicatif

page 24 de 25

lÈgal a considÈrablement changÈ depuis l'Ètablissement de líinstitution de la rÈserve díautorisation pour la poursuite pÈnale. En 1850 il n'existait pas de code pÈnal ordinaire de la ConfÈdÈration30. Le premier acte lÈgislatif de la ConfÈdÈration en matiËre du droit pÈnale a ÈtÈ le Code pÈnal fÈdÈral du 4 fÈvrier 185331, s'occupant en particulier des crimes contre la s˚retÈ extÈrieure de la ConfÈdÈration, des crimes contre les Ètats Ètrangers, des crimes contre l'ordre constitutionnel et la s˚retÈ intÈrieure, des dÈlits spÈcifiques des fonctionnaires fÈdÈrales et des dÈlits contre les activitÈs des autoritÈs fÈdÈrales. Certes, la ConfÈdÈration Èdicta au fil du temps díautres normes pÈnales qui, pour la plupart, Ètaient accessoires au droit administratif, mais le Code pÈnal suisse nía ÈtÈ mis en vigueur qu'en 1942. Ainsi pendant longtemps le droit pÈ- nal matÈriel et la poursuite pÈnale restaient en grande partie de la compÈtence cantonale. Lors de la mise en vigueur de la premiËre rÈglementation sur la responsabilitÈ des fonctionnaires, le principe de la sÈparation des pouvoirs, le principe de la lÈgalitÈ et les principes du droit pÈnal moderne commenÁaient ‡ se dÈvelopper dans les cantons. Les relations entre les cantons et la ConfÈdÈration Ètaient en outre ‡ cette Èpoque souvent marquÈes par des incertitudes sur le partage des compÈtences, par une certaine mÈfiance rÈciproque et, en consÈquence, par des conflits qui aboutissaient parfois ‡ une intervention de la ConfÈdÈration. Comme celle-ci ne disposait que d'un nombre trËs limitÈ de fonctionnaires, elle ne voulait Èvidemment pas courir le risque de se voir restreinte dans sa capacitÈ d'agir par des poursuites pÈnales cantonales non justifiÈes32. Díailleurs, le besoin de la ConfÈdÈration de se protÈger contre de telles actions a ÈtÈ apprÈciÈ diffÈremment suivant les matiËres. Quand le lÈgislateur a ÈdictÈ la loi fÈdÈrale du 15 mars 1932 sur la circulation des vÈhicules automobiles et des cycles33, qui contenait des dispositions pÈnales relativement Ètendues, il a prÈvu ‡ l'art. 67 al. 2 de cette loi que la rÈserve de líautorisation matiËre de poursuite pÈnale ne síappliquait pas ‡ la poursuite des infractions relativement Ètendues dÈfinies par cette loi, sans toutefois donner une motivation explicite34. Cette exception pour les infractions en matiËre de circulation routiËre a ÈtÈ maintenue jusquí‡ aujourd'hui35. De plus, on constate que la situation juridique des fonctionnaires et des employÈs de la ConfÈdÈration a considÈrablement changÈ. Les rapports de droit spÈ- ciaux entre la ConfÈdÈration et ses fonctionnaires incluaient plusieurs restrictions aux droits fondamentaux qui se trouvaient en relation Ètroite avec la rÈserve de

líautorisation en matiËre de poursuite pÈnale36; les rapports actuels, qui sont conÁus comme des relations contractuelles de droit public et qui síinspirent largement de la rÈglementation du Code des obligations, ont abandonnÈ divers anciens ´ devoirs de fonction ª.

Vu le dÈveloppement des garanties de protection juridique en matiËre de droit pÈnal et de la procÈdure pÈnale, le DFJP est arrivÈ ‡ la conclusion que la rÈserve de

avec díautres rÈfÈrences; Niklaus Schmid, Strafprozessrecht, 4e Èd., Zurich/B‚le/GenËve 2004, pp. 30 s.; Peter Hänni, Personalrecht des Bundes, dans: Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht, vol. I, Organisationsrecht, 2e Èd., B‚le/GenËve/M¸nich, 2004, no. 246.

30 En ce qui concerne les compÈtences trËs limitÈes du Tribunal fÈdÈral dans sa fonction de tribunal pÈnal avant 1893, cf. notamment Eduard His, Geschichte des neuern Schweizerischen Staatsrechts, Vol. III, B‚le 1938, pp. 473 s.

31 FF 1852 II 565; RO 3 404.

32 Cf. Hauenstein, (note n∞ 29), p. 10 avec díautres rÈfÈrences.

33 aRS 7 611

34 Voir le message du Conseil fÈdÈral du 12 dÈcembre 1930, FF 1930 II 903.

35 Cf. art. 15 al. 1 LRCF; en ce qui concerne les problËmes de dÈlimitation pour le cas concret, cf. Hauenstein (note n∞ 29), pp. 73 s.

36 Oscar Behringer, Erm‰chtigung und Erm‰chtigungsdelikte, thËse Zurich, Zurich 1933, pp. 103 ss. et

110 ss. C:\Documents and Settings\bj-ls\Local Settings\Temporary Internet Files\OLK3\f_Erl‰uternder Bericht 16.6.05-2.doc