Rapport explicatif
Consultation 2020/47: Initiative populaire «Pour un climat sain (initiative pour les glaciers)» et le contre-projet direct (arrêté fédéral relatif à la politique climatique) · 28 pages
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aussi à la coopération internationale. Ces coûts se présentent sous la forme de dommages, de baisses de rendements ou de croissance non réalisée. L’École polytechnique fédérale de Lausanne37 estime que la perte de PIB en cas de changements climatiques non maîtrisés pourrait atteindre 1,4 % en 2060. Ce scénario demeure toutefois optimiste, car l’étude ne tient pas compte des événements inhabituels, tels que les vagues de chaleur exceptionnelles ou les périodes de sécheresse. Des études antérieures38 tablent sur une forte augmentation des coûts en cas d’élévation de la température audessus de 2 °C, surtout après 2050, qui pourrait représenter plusieurs pour cent du PIB de la Suisse vers la fin du siècle. Des coûts supplémentaires s’élevant à 1,1 % du PIB pourraient survenir en raison de pertes à l’exportation et d’interruptions des chaînes d’approvisionnement39. Dans le domaine des infrastructures, des changements climatiques non maîtrisés pourraient causer des dommages annuels d’environ 1 milliard de francs d’ici le milieu du siècle40. Dans le secteur de la santé, les coûts annuels pourraient même atteindre 11 milliards de francs à partir de 206041. Des chiffres généralement un peu plus élevés sont articulés dans des études internationales comme le rapport Stern ou les estimations de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), selon lesquelles la perte mondiale de PIB pourrait atteindre 10 % vers la fin du siècle4243.
Outre les coûts économisés, l’abandon des énergies fossiles recèle d’autres avantages qui ne peuvent actuellement pas encore être quantifiés de manière précise. La Suisse importe tous les agents énergétiques fossiles de l’étranger, certains provenant de régions politiquement instables. Le passage à des solutions de remplacement à faibles ou à zéro émissions de CO2 diminue les sorties de capitaux vers l’étranger et libère des fonds pour les investissements dans le pays. Cela crée ainsi des opportunités de croissance et de nouveaux emplois dans des entreprises et des industries innovantes et tournées vers l’avenir du secteur des technologies propres (cleantech), fortement représenté en Suisse. Le pôle de recherche suisse devrait en outre également bénéficier d’une focalisation sur l’objectif de zéro émission nette.
Il convient de noter que les coûts et les avantages de la réduction à zéro net des émissions de gaz à effet de serre évoluent différemment au fil du temps. Conformément aux objectifs définis dans l’Accord de Paris, il sied de réduire ces émissions, en particulier les émissions de CO2, le plus rapidement et le plus largement possible en raison de leur persistance dans l’atmosphère. La restructuration de l’approvisionnement énergétique doit donc être accélérée au cours des prochaines années afin de s’achever
37 École polytechnique fédérale de Lausanne EPFL (2017) : Assessing the impacts of climate change for Switzerland
38 Ecoplan et Sigmaplan (2007) : Auswirkungen der Klimaänderung auf die Schweizer Volkswirtschaft (nationale Einflüsse)
39 Infras et Ecologic (2007) : Auswirkungen der Klimaänderung auf die Schweizer Volkswirtschaft (internationale Einflüsse). L’étude a été actualisée depuis (Infras 2020 ) : Auswirkungen des Klimawandels im Ausland – Risiken und Chancen für die Schweiz). On a toutefois renoncé à effectuer une estimation quantitative des coûts.
40 Swiss Economics (2019) : Bedeutung des Klimawandels für die Infrastrukturen in der Schweiz
41 Vöhringer et al. (2019) : Costs and benefits of climate change in Switzerland, Climate Change Economics 10 (2), pp. 1-34
42 Stern (2006) : The Economics of Climate Change
43 OCDE (2015) : Les conséquences économiques du changement climatique