Rapport explicatif
Consultation 2024/89: Contre-projet indirect (modification de la loi sur l’énergie nucléaire) à l’initiative populaire «De l’électricité pour tous, en tout temps (Stop au blackout)» · 30 pages
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revient de 7 centimes peuvent être atteints26. Selon les auteurs du rapport, cela se situe dans la fourchette des coûts de revient actuels et futurs des sources d’énergie renouvelables et des centrales hydroélectriques existantes en Suisse. Selon le type de réacteur, il faut compter des coûts de construction proprement dits variant entre 4 et 7 milliards de francs pour une tranche d’une puissance de 1 GW. Ce chiffre ne comprend pas les coûts de la gestion des déchets radioactifs, notamment en vue de leur stockage définitif. Les coûts de revient des quatre centrales nucléaires suisses en activité se situent actuellement entre 4 et 5,5 ct./kWh. Une exploitation à long terme, jusqu’à 60 ans, entraînerait une augmentation du coût de production de l’électricité de ces centrales allant jusqu’à 1 centime27. Des exemples récents à l’étranger montrent que les coûts peuvent également être largement supérieurs : la construction des réacteurs (de type EPR, 3e génération) à Olkiluoto (Finlande) et Flamanville (France) a coûté environ 11 milliards respectivement 13,2 milliards d’euros. Leur mise en service a par ailleurs été considérablement retardée. De façon générale, on constate que de grandes incertitudes subsistent en Suisse quant à l’investissement que représenteraient, le cas échéant, de nouvelles centrales nucléaires.
Le rapport du PSI souligne que le concept de coûts de revient de l’électricité a une valeur limitée dans un système énergétique de plus en plus complexe, avec une proportion de plus en plus importante d’énergies renouvelables fluctuantes. C’est pourquoi il ne faudrait pas seulement tenir compte des coûts de revient de l’électricité des technologies de production, mais aussi de l’ensemble des coûts des systèmes (coûts d’ajustement, coûts de développement du réseau, coûts de réserve). À cet égard, les auteurs estiment que l’énergie nucléaire présente l’avantage de fournir une précieuse énergie en bande. Les auteurs constatent également que le défi que représentent les coûts du capital élevés des grandes centrales nucléaires est désamorcé par la technologie des petits réacteurs modulaires (SMR) et totalement éliminé par les microréacteurs dont les coûts totaux du capital sont comparables aux centrales solaires alpines. Selon les auteurs, la réalisation de parties pertinentes avant le début de la construction, l’existence d’une chaîne d’approvisionnement bien établie, l’accès à une main-d’œuvre qualifiée et un cadre réglementaire stable figurent au nombre des facteurs ayant un impact positif sur les coûts de construction de nouvelles centrales nucléaires.
La durée moyenne de construction des 38 réacteurs de nouvelle génération III/III+ en service dans le monde (sans compter les procédures en amont visant à obtenir les autorisations pour une centrale nucléaire) est de 7,7 ans, la valeur médiane étant de 8 ans. En comparaison, la durée moyenne de construction des 413 réacteurs de génération II et III est de 7,5 ans dans l’ensemble, la valeur médiane de 6,3 ans. Selon le rapport du PSI, il est techniquement possible de livrer un système clé en main en moins de 6 ans, à condition de disposer d’une chaîne d’approvisionnement
26 Technology Monitoring of Nuclear Energy, PSI, EPFZ, EPFL, 2024 (en anglais avec résumé en français), disponible sous www.bfe.admin.ch Approvisionnement Statistiques Monitoring Stratégie énergétique 2050, p. 28
27 Langzeitbetrieb von Kernkraftwerken, Aktennotiz, OFEN, 2024 (en allemand uniquement)