Rapport explicatif
Consultation 2012/144: La loi fédérale sur la concentration des compétences en matière de surveillance des entreprises de révision et des sociétés d'audit · 32 pages
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tences actuelles, la FINMA a été particulièrement mise à rude épreuve par les remous de la dernière crise financière. La FINMA risquerait de perdre la maîtrise de ses activités et de se disperser si on alourdissait encore son cahier des charges.
• La FINMA a pour mission essentielle de protéger les créanciers, les investis-
seurs et les assurés et d’assurer le bon fonctionnement des marchés financiers (art. 5 LFINMA). Le transfert des activités de l’ASR élargirait cette mission à la protection des intérêts des actionnaires, ce qui pourrait placer la FINMA face à un dilemme entre des objectifs contradictoires. Tel n’est pas le cas avec le modèle inverse: en surveillant les sociétés d’audit, l’ASR pratique une assurance-qualité qui contribue indirectement à la surveillance des marchés financiers.
• Le double statut assez problématique des sociétés d’audit (cf. supra, ch. 1.1.3)
serait encore accentué par l’intégration de l’ASR au sein de la FINMA. Ce problème deviendrait d’autant plus délicat que les sociétés d’audit sont appelées à intervenir de manière encore plus rigoureuse dans leur rôle de «bras droit» de la FINMA.
• La probabilité d’identifier des problèmes économiquement pertinents est plus
grande si l’analyse est pratiquée par deux autorités ayant des points de vue différents, ce qui évite les «angles morts» dans l’approche analytique. Cela correspond d’ailleurs à la tendance au plan international12.
• Depuis sa création, l’ASR s’est efforcée d’établir des relations de confiance
avec les autorités homologues étrangères. C’est extrêmement important pour la reconnaissance internationale du système suisse de surveillance en matière de révision. L’UE a notamment déjà reconnu l’équivalence du dispositif de surveillance de l’ASR. Ce capital de confiance serait évidemment perdu en cas de regroupement au sein de la FINMA.
• D’autres synergies pourraient être valorisées au niveau des ressources hu-
maines, de la gestion des connaissances et de la logistique (p. ex. informatique). Mais la fusion des trois entités dont est issue la FINMA montre qu’en pratique, ces synergies atteignent une échelle souvent plus modeste qu’espéré. En l’occurrence, il faudrait par exemple importer la plate-forme de gestion en ligne des agréments et le logiciel de gestion des inspections, deux outils modernes créés par l’ASR, dans l’environnement informatique de la FINMA. Or les coûts d’intégration seraient plus élevés pour la FINMA qu’ils ne le seraient pour l’ASR dans le modèle inverse.
En comparaison, le transfert de la surveillance des sociétés d’audit de la FINMA à l’ASR présente les mêmes avantages, mais beaucoup moins d’inconvénients13.
12 Cf. réponse du Conseil fédéral à la motion Aeschbacher 08.3980 du 19 décembre 2008 „Intégration de l’Autorité fédérale de surveillance en matière de révision dans l’Autorité de surveillance des marchés financiers“ (objet liquidé suite au départ du motionnaire).
13 En 2003 déjà, la Commission Zimmerli, mandatée par le Conseil fédéral, s’était emparée de la question concernant la surveillance des entreprises de révision et était parvenue à la conclusion que rien ne justifiait la réunion de la surveillance des organes de révision et de la surveillance des marchés financiers (cf. 1er rapport partiel de la commission d’experts mise sur pied par le Conseil fédéral, Surveillance intégrée des marchés financiers, juillet 2003, p. 21 f.).