Rapport explicatif

Consultation 2026/52: 20.445 n Inscrire le cyberharcèlement dans le code pénal · 38 pages

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d’exemple, comme dans les art. 135, al. 1 et 2 CP (représentation de la violence) et 197, al. 4 et 5 CP (pornographie)99. Le nouvel article le précisera également : « en utilisant des moyens électroniques ». « Publiquement » veut dire que les actes sont commis devant un cercle de personnes élargi, qui ne sont pas liées par des relations personnelles100. Ces cas se produisent surtout lorsqu’un acte peut être perçu par un nombre illimité de personnes sur Internet101. Il suffit que le public puisse avoir connaissance des actes, même si dans les faits, personne n’a vu le contenu, ou seulement quelques personnes102.

Pour que l’al. 2 s’applique, il suffira qu’un seul acte de harcèlement de type mobbing soit rendu public. Aucune peine minimale n’est prévue, ce qui permettra au juge de fixer la peine adaptée à chaque cas.

5.6 Poursuite sur plainte

Le harcèlement de type mobbing ne sera poursuivi que sur plainte, tout comme les infractions classiques contre l’honneur et le harcèlement de type stalking. Il apparaît important que la personne lésée ou détentrice de l’autorité parentale103 (art. 296, al. 1, CC) puisse décider elle-même si elle souhaite qu’une procédure pénale soit entamée. Dans le milieu scolaire notamment, il peut être préférable de préserver l’enfant ou l’adolescent de la charge d’une procédure pénale.

Tant l’infraction de base (al. 1) que l’infraction qualifiée (al. 2) seront poursuivies sur plainte.

En cas de harcèlement de type mobbing supposant des actes répétés pendant une période prolongée, il peut être difficile de déterminer le début du délai pour porter plainte (art. 31 CP). Cette difficulté se présente également pour le harcèlement de type stalking (art. 181b CP). Le début de ce délai devra donc être fixé par la jurisprudence. Pour ce faire, les considérations suivantes seront déterminantes: la nouvelle norme pénale est considérée comme une unité juridique d’actions, qui présuppose que plusieurs actes aient été commis. Dans ce cas, le délai de prescription commence à courir le jour où l’auteur a réalisé la dernière action104; le même principe peut s’appliquer au délai pour porter plainte. Il ne serait pas logique que la personne lésée doive porter plainte pour chacun des actes commis par l’auteur, qui ne constituent pas une infraction en soi, dans un délai de trois mois. La plainte peut déjà être déposée avant que le délai ne commence à courir. Dans le cas d’une unité juridique d’actions, l’éventuelle plainte pénale a également des effets sur l’avenir105.

99 Elle permet de couvrir les données électroniques et les nouveaux supports de stockage: Isenring/Kessler, BSK II StGB, no 52j ad art. 197 avec renvois, notamment à FF 2000 2769, ch. 2.2.1.

100 Schleiminger Mettler, BSK II StGB, no 22 ad art. 261bis avec renvois notamment à l’ATF 130 IV 111, consid. 3.1.

101 FF 2022 687, ch. 3.13.2.3.

102 Schleiminger Mettler, BSK II StGB, no 25 ad art. 261bis.

103 Arrêt du Tribunal fédéral 6B_323/2009 du 14.07.2009, consid. 3.2.

104 Zurbrügg, BSK I StGB, no 14 ss ad art. 98.

105 Riedo, BSK I StGB, no 102 ss ad art. 30.