Rapport explicatif
Consultation 2005/30: Dispositions d'exécution de la loi sur la transplantation · 27 pages
Fedlex · Rapport explicatif · Page 3Fedlex · Rapport explicatif
1.3 Urgence médicale d’une transplantation
Conformément au critère de l’urgence médicale, l’organe doit être attribué en premier lieu aux patients dont l’état de santé est le moins bon. Sont donc prioritaires les patients exposés à un risque de mort immédiate s’ils ne bénéficient pas d’une transplantation : dans la terminologie de SwissTransplant, on parle de cas « super urgents (SU) ». Sans transplantation, les médecins jugent que ces patients vont mourir dans un avenir très proche. Si de tels patients sont présents sur la liste, ils sont prioritaires par rapport à tous les autres patients.
L’urgence médicale diffère d’un organe à l’autre : dans le cas d’un rein ou d’un pancréas, où il existe un traitement alternatif, l’urgence médicale est un critère rarement pris en compte pour l’attribution d’un organe. Pour tous les autres organes, où il n’existe pas de traitement alternatif permettant de maintenir le patient en vie à long terme en cas de dysfonctionnement, il est nécessaire de tenir compte de ce critère pour attribuer un organe. Actuellement, ces organes sont le cœur, les poumons, le foie ainsi que, dans certains cas exceptionnels, les reins et l’intestin grêle. L’ordonnance prévoit donc une urgence médicale pour ces cinq organes (cf. art. 14, 18, 22, 26 et 34).
Dans le cas du foie, il existe deux degrés d’urgence médicale : l’organe est attribué en priorité à un patient exposé à un risque de mort immédiate s’il ne bénéficie pas d’une transplantation (cf. art. 22). Un classement est également établi pour les autres patients, qui se voient attribuer un degré de priorité fonction de l’urgence médicale (cf. art. 23).
Selon le critère de l’urgence médicale, les enfants sont également prioritaires. En effet, les enfants dialysés souffrent de troubles de la croissance et du développement. L'art. 27 al. 1, let. f tient compte de cette spécificité.
1.4 Efficacité de la transplantation du point de vue médical
Selon le critère de l’efficacité de la transplantation du point de vue médical, l’organe doit être attribué au patient qui en tirera le plus grand profit. De nombreux facteurs entrent toutefois en ligne de compte. En pratique, le critère de l’efficacité de la transplantation du point de vue médical peut prendre différentes formes :
- La compatibilité du groupe sanguin : cf. 1.2.
- La compatibilité des caractéristiques tissulaires (histocompatibilité) : les avis des médecins restent partagés au sujet de l’importance effective de la compatibilité des caractéristiques tissulaires du receveur avec celles du donneur pour la survie de l’organe. Tous les spécialistes s’accordent cependant à dire, chiffres à l’appui, que les chances de survie d’un rein sont nettement plus élevées lorsque les caractéristiques tissulaires du donneur et du receveur sont parfaitement identiques. C’est un fait dont il faut tenir compte lors de l’attribution d’un organe. Cependant, les analyses visant à déterminer la comptabilité tissulaire sont longues, raison pour laquelle elles ne sont plus pratiquées que dans le cas d’une transplantation de rein. Pour la transplantation d’un cœur ou d’un foie, il est inutile de déterminer la comptabilité tissulaire pour plusieurs raisons. D’une part, les patients ne peuvent pratiquement jamais attendre qu’un organe intégralement compatible soit disponible. On a, d'autre part, longtemps pensé que la comptabilité tissulaire était moins importante pour ces organes. De nouvelles études prouvent toutefois que les transplantations d’un cœur réalisées avec un seul, voire aucun antigène incompatible, présentent de meilleurs résultats que celles réalisées avec davantage d’antigènes incompatibles. D’autre part, les analyses de compatibilité (et le transport nécessaire, le cas échéant) entraîneraient un dépas-