Rapport explicatif
Consultation 2006/11: Révision de l' ordonnance de l'Assemblée fédérale sur l'organisation de l'armée (révision OOrgA) · 38 pages
Fedlex · Rapport explicatif · Page 11Fedlex · Rapport explicatif
bles, et la réalisation d’un objectif demandera moins de moyens. Il sera en revanche d’une importance décisive de disposer à temps des informations nécessaires.
Mais les techniques d’information sont aussi génératrices de nouveaux risques. Les systèmes d’information et de conduite constituent des cibles privilégiées pour un adversaire et doivent par conséquent bénéficier de mesures prioritaires de protection. L’étendue des mesures techniques et des dispositions d’organisation à prendre en vue de cette protection est fonction du degré de dépendance et de vulnérabilité engendré par la connexion à des réseaux automatisés. Les prestations de l’armée sont également dépendantes du bon fonctionnement des infrastructures civiles d’information, elles-mêmes exposées à des risques.
Évaluation actuelle: ces estimations correspondent non seulement à l’évaluation actuelle des risques, mais également aux conséquences générales des développements technologiques. Les affirmations concernant les répercussions de ces évolutions sur les forces armées ont depuis été confirmées en grande partie («net-centric warfare»).
La menace contre les infrastructures informatiques et de communication
RAPOLSEC 2000:
Les technologies en matière d’information et de communication font pratiquement partie de tous les domaines de la vie quotidienne. Ainsi, le bon fonctionnement des systèmes informatiques et les éléments critiques des infrastructures informatiques et de communication placent les utilisateurs dans un état de dépendance croissant et les rend en même temps plus vulnérables face aux actions de l’ennemi. Comme leur efficacité ne dépend ni de la puissance stratégique et économique des acteurs en présence, ni de l’importance quantitative et qualitative de leur potentiel en troupes ou en arsenaux d’armement, on assiste dans ce cas à l’ouverture d’un espace guère mesurable dans lequel peuvent se multiplier les acteurs et les motifs d’intervention.
Pour des acteurs étatiques et non étatiques, ces interventions sont possibles même avec des moyens limités, indépendamment de l’éloignement géographique et partiellement sans coûts excessifs. Les probabilités d’être découverts et les risques sont faibles. Outre les erreurs de manipulation humaine et technique, les interventions comprennent toutes les possibilités et vont de la recherche d’informations jusqu’à la destruction matérielle de composants informatiques et d’éléments d’infrastructures, en passant par la manipulation ciblée de données, la saturation de systèmes, l’implémentation de fonctions erronées, ainsi que la destruction de données et de logiciels. Les raisons de ces actions sont notamment l’espionnage visant à obtenir un avantage économique, les dommages occasionnés aux données et les dérèglements de fonctions à des fins de chantage, ainsi que l’influence exercée délibérément sur des décisions dans l’économie, l’administration et l’armée.
Les activités préparatoires en vue d’interventions au moyen de la guerre de l’information ne sont en principe pas identifiables. Ainsi, tout délai de préalerte disparaît, et les mesures de protection ou les contre-mesures ne peuvent être prises à temps. Un système informatique isolé n’est guère en mesure de saisir ou d’identifier rapidement l’origine, l’intention, le début, le genre, l’ampleur et la fin de l’intervention, pas plus que le succès ou l’échec des attaques. Actuellement, les agresseurs profitent notamment du fait que presque toutes les entreprises et les administrations tentent d’établir seules la sécurité de leurs données (solutions en îlots). Ainsi, les mêmes méthodes d’agression peuvent être utilisées plusieurs fois.